A la requête d’Ankara, Twitter a fermé au bout de quelques heures les comptes concernés et retiré les photos de l’otage, a dit ce responsable en annonçant la fin du blocage. Twitter n’a pu être joint dans l’immédiat pour commenter cette information.

Les discussions avec YouTube, qui a également été bloqué, se poursuivent, a déclaré un responsable turc. De son côté, Facebook avait annoncé s’être plié à la demande de la justice turque.

Un procureur a réclamé lundi le blocage de ces médias sociaux en déclarant que certaines organisations de presse avaient agi «comme si elles propageaient de la propagande terroriste» en répercutant ces photos, a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

«Cela est lié à la publication de photos du procureur», a spécifié le porte-parole. «Le parquet demande que ces photos ne soient utilisées nulle part sur les plateformes électroniques», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Ankara.

«Réponse disproportionnée»

Ce nouveau blocage a valu une volée de bois vert au gouvernement turc. «Encore une réponse disproportionnée qui restreint la liberté de la presse et la liberté d’expression», a déploré la députée européenne néerlandaise Marietje Schaake.

De nombreux internautes ont raillé le régime, comme @BinaShah qui a suggéré ironiquement un nouveau slogan pour le tourisme turc: «venez en Turquie et déconnectez».

Les autorités turques avaient temporairement bloqué Twitter et YouTube lors de la campagne pour les élections locales en mars 2014, après la fuite – et la diffusion sur ces plateformes – d’enregistrements audio censés illustrer la corruption dans l’entourage du Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdogan, aujourd’hui chef de l’Etat.

Retenu en otage et tué

Le procureur stambouliote en question, Selim Kiraz, est mort de ses blessures mardi dernier après l’assaut donné par les forces de sécurité contre les locaux où il était retenu en otage par des militants du groupuscule d’extrême gauche DHKP-C. Ses deux ravisseurs ont également été tués dans l’assaut.

Le DHKP-C avait diffusé une photo de Kiraz avec un revolver sur sa tempe et avait affirmé qu’il le tuerait si les revendications du groupuscule n’étaient pas satisfaites.

«L’épouse et les enfants du procureur Kiraz ont été profondément affectés. Ces photos se sont retrouvées partout», a dit à Reuters un haut responsable turc.