La police fédérale américaine a rendu public un vieux rapport d'enquête sur l'amnistie controversée donnée par le président Bill Clinton au sulfureux financier Marc Rich, créant la surprise à une semaine de la présidentielle. Le FBI a assuré qu'il ne s'agissait que d'une coïncidence. Homme d'affaires israélo-américano-belgo-espagnol-suisse d'origine belge, Marc Rich est décédé en 2013.

A ce sujet: Marc Rich, le parrain du pétrole

La mise en ligne du rapport de 129 pages – que l'on peut trouver par ce lien – , sur cette enquête close en 2005, a été annoncée mardi sur le compte Twitter d'un service administratif du FBI, qui archive les documents rendus publics en vertu de la loi sur la liberté d'information (FOIA).

«Etrange», juge-t-on dans l'équipe de Hillary Clinton

Alors que tout le pays est suspendu à une enquête relancée vendredi sur les e-mails de la candidate démocrate Hillary Clinton, cette publication sur une vieille affaire classée, concernant son mari, a immédiatement suscité de vives questions. «A moins que cela ne correspond à la date limite d'une procédure de FOIA, voilà qui est étrange», a réagi le porte-parole de Hillary Clinton.

«Selon la procédure FOIA en vigueur, ces documents ont été déclarés libres d'être publiés et ont été mis en ligne de façon automatique», a répondu la police fédérale au sujet de ce rapport, largement expurgé de ses données jugées confidentielles.

Les amnisties de Monsieur Clinton

Le 20 janvier 2001, au dernier jour de sa présidence, Bill Clinton avait amnistié toute une série de personnes, dont Marc Rich, figure emblématique du négoce des matières premières connue pour ses accointances et transactions douteuses, et ses trafics d'influence.

Visé par un mandat d'arrêt pour fraude fiscale, Marc Rich s'était enfui des Etats-Unis et avait trouvé refuge en Suisse, sa tête étant mise à prix par le FBI. Il est à l'origine du géant des matières premières Glencore. Son ex-épouse Denise avait soutenu financièrement les démocrates à l'élection présidentielle américaine et avait également versé des fonds à ce qui allait devenir la fondation Clinton.

L'actuel patron du FBI, James Comey, avait poursuivi Marc Rich en tant que procureur au tournant des années 1980 et 1990. Il avait également enquêté sur les amnisties controversées de Bill Clinton.