L’ancien premier ministre Dominique de Villepin a annoncé dimanche soir sa candidature à l’élection présidentielle française de 2012. Une candidature de «gaulliste indépendant» dont il assure qu’elle n’est en rien inspirée par sa rivalité et son animosité passées avec le président sortant Nicolas Sarkozy.

«J’entends défendre une certaine idée de la France. J’ai une conviction: le rendez-vous de 2012 sera le rendez-vous de la vérité, du courage et de la volonté», a affirmé l’ex-premier ministre de Jacques Chirac et fondateur de République solidaire (RS). Il s’est déclaré «inquiet» de voir «la France humiliée par la loi des marchés qui impose de plus en plus d’austérité».

«Vous verrez que dans cette campagne de 2012, il y aura des surprises, beaucoup de surprises. J’ai confiance dans la capacité des Français à discerner ce qu’est l’intérêt général et à quel point plus que jamais l’union nationale s’impose à nous tous», a déclaré Dominique de Villepin, âgé de 58 ans, sur la chaîne TF1. Il est pour l’instant crédité de 1% dans les intentions de vote.

«On peut très bien poursuivre avec le même […] pour encore cinq ans. Dix ans c’est long», a-t-il dit au sujet de Nicolas Sarkozy, ajoutant: «Mais si nous nous mettions tous ensemble, rassemblés, pour conduire les affaires de la France.»

Jamais élu

«Je ne crois pas qu’il y ait la vérité à droite, à gauche ou au centre», a poursuivi Dominique de Villepin, estimant nécessaire «une République de citoyens: il faut que les Français se réveillent».

«Aujourd’hui, notre souveraineté nous échappe en grande partie. Nous nous alignons sur des intérêts qui ne sont pas ceux de la France. Je crois qu’il faut plus de courage que cela», a dit l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous Jacques Chirac, qui n’a jamais été élu nulle part.

Les derniers signaux récemment adressés par l’imprévisible fondateur de RS avaient pourtant laissé entrevoir l’hypothèse contraire et une possible conciliation avec le chef de l’Etat. Dominique de Villepin avait en effet rencontré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy depuis l’été et avait assuré début décembre que la page de l’affaire Clearstream, dans laquelle le président sortant l’accusait de manipulation à son encontre, était désormais tournée.

Rancune de côté

Dominique de Villepin a réaffirmé dimanche soir qu’il avait «laissé la rancune de côté». Le parti présidentiel, l’UMP, avait mis en garde en termes choisis l’ancien ministre des Affaires étrangères sur les risques d’un «21 avril à l’envers» aux dépens de Nicolas Sarkozy en 2012.

Le 21 avril 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour en raison de l’éparpillement des votes à gauche. Désormais, la dispersion menace à droite avec, outre celle de Dominique de Villepin, les candidatures de François Bayrou, Hervé Morin, Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan.

A l’UMP, on oscillait dimanche soir entre surprise et philosophie en estimant que cette candidature de «témoignage» pourrait ne pas aller à son terme. «Tout n’est pas fermé, notre main est toujours tendue», a déclaré la députée Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP, sur i-télé.

Le député UMP Lionel Tardy s’interrogeait pour sa part sur la capacité du candidat, qui compte peu de soutiens et de relais politiques, à réunir les 500 parrainages nécessaires et à mettre en place un budget de campagne.