Ai Weiwei, âgé de 54 ans, a notamment contribué à l’architecture du «Nid d’oiseau», le stade olympique dans lequel s’étaient déroulés les Jeux d’été à Pékin en 2008. L’artiste a précisé ne pas avoir reçu les éléments de preuve établissant qu’il se serait rendu coupable d’évasion fiscale.

Il avait été détenu sans motif pendant deux mois cette année avant d’être libéré en juin après une série de protestations de la part de la communauté internationale.

Ai a précisé à Reuters avoir reçu une injonction du fisc dans laquelle il est présenté comme «le gestionnaire de fait» de la compagnie Beijing Fake Cultural Development qui a contribué à populariser son œuvre. La société est détenue par sa femme, Lu Qing, qui en est la représentante légale.

«Ils ont inventé ce nouveau titre. Je ne suis qu’un créateur qui travaille pour l’entreprise. Je ne suis ni directeur, ni gestionnaire. Bien sûr, je sais que cette mesure vise à m’atteindre», a expliqué Ai. Selon des militants des droits de l’homme, il s’agit d’une mesure destinée à faire taire un artiste qui s’est montré critique à l’égard du gouvernement.

Les autorités judiciaires de Pékin ont tenu une audience à huis clos au mois de juillet, ce qui était illégal, selon Pu Zhiqiang, l’avocat de l’entreprise. Ai n’a pas été autorisé à être présent tandis que sa femme, elle, a pu assister à l’audience.

Après sa remise en liberté en juin, les autorités chinoises avaient indiqué que Ai Weiwei continuait de faire l’objet d’une enquête pour «crimes économiques présumés».

Ai a indiqué qu’il allait consulter son avocat et son comptable avant de décider s’il devait payer la somme que lui réclame le fisc. «Si c’est un problème fiscal, je paierai. Mais dans le cas contraire, je ne paierai pas», a-t-il conclu.