L'apaisement tibétain est intervenu le jour même de l'arrivée de la flamme olympique sur le continent chinois. Deux cent huit relayeurs ont calmement parcouru dimanche l'île de Hainan, tout au sud du pays. Entre palmiers et plages de sable fin, pas l'ombre d'un manifestant. Un soulagement pour les organisateurs après les manifestations de protestation à Londres, à Paris, à San Francisco et même à Tokyo et à Séoul.

Les relayeurs ont une dernière fois été mis à rude épreuve à Hongkong vendredi. Trois mille policiers avaient été déployés pour protéger la flamme. Les principaux incidents ont eu lieu pendant la matinée, lorsque les partisans des Jeux olympiques, largement majoritaires, ont insulté (pour la plupart en mandarin et non en cantonais, la langue parlée à Hongkong) les manifestants, certains les menaçant même. Christina Chan, une jeune étudiante de 15 ans qui avait utilisé sa page sur le site de réseau Facebook pour rassembler les manifestants, a été arrêtée par la police lorsqu'elle a brandi un drapeau tibétain et a été emmené dans un bus «pour sa propre sécurité».

Anson Chan, l'ancienne cheffe de l'exécutif hongkongais, aujourd'hui élue pro-démocratie, s'est de son côté déclarée déçue de la décision du gouvernement de ne pas intégrer à la cérémonie officielle les représentants de l'opposition. «Nous, en tant que pays, devenons de plus en plus forts, jouons un rôle de plus en plus important sur la scène internationale. Qu'avons-nous donc à craindre d'une poignée de personnes? Rien.»

Everest: l'inconnue

Le reste de la journée s'est déroulé sans encombre, tout comme celle de samedi: le relais sur l'ancienne colonie portugaise de Macao a traversé le Las Vegas asiatique sans être inquiété. Le week-end n'aura pourtant pas été parfait pour Pékin puisque la montée de la flamme au sommet de l'Everest pourrait être repoussée, voire même annulée suite à d'importantes chutes de neige.