«Nous n'avons ni preuve ni certitude, mais, comme je l'ai écrit dans le journal de ce matin (ndlr: mardi), nous sommes convaincus que Florence et Hussein sont vivants.» Directeur adjoint du quotidien français Libération, Patrick Sabatier n'avait hélas aucune information nouvelle à donner, hier soir, vingt jours après la disparition, le 5 janvier dernier à Bagdad, de sa consœur Florence Aubenas et de son «fixeur» irakien, Hussein Hanoun al-Saadi.

Sur les circonstances de la disparition de ses deux collaborateurs, «Libé» n'a rien appris davantage que ce qu'il avait publié le 19 janvier, «hormis le moment à partir duquel toute trace a été perdue des deux disparus, soit la fin de l'après-midi (du 5 janvier) à Bagdad».

Sur le sort des deux compagnons d'infortune, Patrick Sabatier écrit encore: «Nous avons la conviction – qui n'est pas une certitude absolue – qu'ils sont vivants. Aux témoignages déjà rapportés le 19 janvier, s'est ajouté depuis lors un faisceau d'informations, certes fragmentaires et non vérifiées, mais qui vont toutes dans le sens d'une détention après kidnapping», poursuit le directeur adjoint. Mais «aucune preuve de cette détention n'a cependant été portée à notre connaissance», écrit encore Patrick Sabatier.

Par ailleurs, et c'est sans doute l'élément le plus inquiétant, «Libé» estime que l'hypothèse d'une motivation criminelle et non politique du rapt est la plus vraisemblable, dans la mesure où les divers groupes de résistance ont fait savoir «qu'ils ne détiennent pas les deux disparus». Cette hypothèse «cadre avec le silence observé jusqu'ici par les (éventuels) ravisseurs», dit encore Sabatier qui précise toutefois que Libération n'a eu connaissance jusqu'ici d'aucune demande de rançon ni de contacts directs avec un tel groupe.

Enfin, au lendemain de la réunion sans précédent qui a réuni, lundi dans les locaux de Libération, 45 directeurs de journaux, radio et télé de l'Hexagone pour une réflexion commune sur la manière de couvrir la situation en Irak, Patrick Sabatier confirmait, hier soir, qu'une action au niveau de la presse européenne était à l'étude. Avec, pourquoi pas, l'envoi symbolique à Bagdad d'un charter de directeurs de journaux et de rédacteurs en chef…