La photo de Riad publiée dans notre édition de mardi a suscité le débat au sein de la rédaction. Fallait-il ou non flouter son visage? Agé de 11 ans, il a été enlevé par l’Etat islamique et tenu en captivité pendant cinq ans. Notre envoyé spécial à Baghouz, Boris Mabillard, l’a rencontré après sa libération et l’a photographié

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«Quand on photographie un enfant, il doit donner son consentement éclairé et comprendre les conséquences possibles liées à sa diffusion à l’internationale. L’accord des parents doit aussi être obtenu», rappelle David Haeberli, rédacteur en chef adjoint. Pour Boris Mabillard, les critères juridiques sont remplis: «Riad a donné son accord et n’a pas demandé à être flouté. Ses parents sont décédés, mais le responsable du lieu qui s’occupe de lui a donné son autorisation.» Il s’est tout de même posé la question: suis-je sûr qu’il n’encourt aucun risque?

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Une question qui a également taraudé Catherine Rüttimann, chargée du service iconographie. Que va devenir cette image sur internet? «Lui, qui vit avec la peur d’un possible retour des djihadistes, aurait-il accepté d’être pris en photo sans savoir ce qu’il adviendrait d’elle? Pour lui montrer le plus grand respect, il valait mieux le flouter pour qu’il ne soit pas reconnaissable», estime l’envoyé spécial. C’est ce qui a été fait. «Même si cela nuit à la force de la photo, l’éthique prévaut sur l’intérêt pour nous d’avoir une belle photo», conclut Catherine Rüttimann.


En vidéo, la fin du «califat» de l’EI racontée par notre collaborateur Boris Mabillard: