Régionales françaises

Alors que le FN rate son pari, Paris et Lyon basculent à droite

Les estimations donnent le Front National perdant dans les trois régions où il était arrivé en tête le 6 décembre. Le parti nationaliste est barré par les reports de votes hostiles. L'Ile-de-France bascule à droite, comme Rhône-Alpes

En résumé, à ce stade

Les Républicains: la droite prendrait l'Ile-de-France, l'Alsace, la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l'Auvergne-Rhône-Alpes, les Pays de la Loire.

Les socialistes: le PS gagnerait en Aquitaine, Languedoc, Bretagne, Centre-Val-de-Loire et Bourgogne.

Les nationalistes: les nationalistes locaux s’arrogent la Corse.

Résultats à confirmer: il reste à préciser la Normandie.

LE FN bute sur les régions

Même si son score national dépassera peut-être ses 28% historiques du premier tour, le Front National repart bredouille et battu durant le second tour des élections régionales françaises.

Selon des estimations obtenues à la sortie des urnes, les candidats du parti d’extrême droite n'emportent aucune des trois régions où ils étaient les mieux placés. Sa présidente Marine Le Pen ne réussit donc pas son pari d'arracher au moins un exécutif régional, à un an et demi des élections présidentielles de 2017 pour lesquelles elle est déjà candidate.

Manuel Valls va s'exprimer

Preuve de sa satisfaction, le premier ministre Manuel Valls s'exprimera dès ce soir, alors qu'il avait attendu le lendemain du premier tour pour appeler au désistement des listes PS dans les régions les plus menacées par le FN, au nom du «Front Républicain».

Les candidats «Les Républicains» (droite) devraient l'emporter sur le Front National en Nord-Pas de Calais-Picardie face à Marine Le Pen – où Xavier Bertrand l'emporte –, en Provence Alpes-Côte d'Azur face à Marion Maréchal Le Pen (Christian Estrosi) et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes face à Florian Philippot. Dans ces trois régions, les adversaires du FN dépasseraient la barre des 53%.

La candidate FN arrivée en tête au premier tour en Bourgogne-Franche Comté, l'une des régions frontalières de la Suisse, serait également distancée.

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Le parti Les Républicains de Nicolas Sarkozy empocherait au moins quatre régions. En plus des trois citées plus haut, la formation de Nicolas Sarkozy l'emporterait en Auvergne-Rhône-Alpes. Le PS gagnerait sans surprise la Bretagne, le Languedoc Roussillon et l'Aquitaine.

La droite prend le pouvoir sur L'Ile-de-France, région qui inclut Paris. Valérie Pécresse y est élue.

S'agissant de PACA, Christian Estrosi, vainqueur, s'est félicité d'une «victoire totale». Il a toutefois été élu, aussi, par une mobilisation des électeurs de gauche.

La bataille entre la droite et le PS en Bourgogne, en Normandie, en Val de Loire et en Ile de France (région parisienne) serait très serrée. La collectivité territoriale de Corse serait pour la première fois emportée par les nationalistes.

Un endiguement du FN?

Les deux variables du second tour, comme prévu, ont été la participation – supérieure de 7% à 17 heures par rapport à celle du premier tour – et le report des voix de gauche sur les candidats de droite dans les régions où le PS avait décidé de se retirer. Si ces prévisions se confirment, le pouvoir socialiste et Nicolas Sarkozy pourront tous deux afficher leur satisfaction.

La question, au vu des résultats régionaux, sera de savoir si ce second tour marque un endiguement du Front National destiné à durer et à se consolider, ou si l’extrême droite va profiter de son implantation accrue dans les conseils régionaux pour convaincre encore plus d'électeurs en vue de l'échéance présidentielle de 2017.

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