Europe

Sur fond de risque de Brexit, David Cameron passe une journée marathon à Bruxelles

Le projet d’accord négocié entre Londres et le Conseil européen pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l’UE rencontre des obstacles.

A deux jours du Sommet européen, jeudi et vendredi à Bruxelles, qui doit finaliser un accord sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), les obstacles perdurent. Dans ce contexte, le premier ministre britannique David Cameron passe une journée marathon mardi dans la capitale européenne. Il a essayé de convaincre le président du Parlement européen Martin Schulz ainsi que les chefs des trois plus importants groupes politiques – conservateur, socialiste et libéral – sur le bien-fondé de sa démarche.

David Cameron entend arracher un accord sur lequel il s’appuierait pour demander aux Britanniques de voter oui au maintien de leur pays au sein de l’UE. Ces derniers seraient appelés à s’y prononcer lors d’un référendum qui aura vraisemblablement lieu le 16 juin prochain.

Martin Schultz: «Je n’ai donné aucune garantie»

«Nous avons eu une rencontre constructive et plus longue que prévu, mais je n’ai donné aucune garantie que le processus parlementaire débouche sur un acte législatif tel qu’il est souhaité par le gouvernement britannique», a déclaré Martin Schulz à l’issue de la rencontre. En fin de compte, ce sont les parlementaires qui auront les derniers mots.» A présent, le président du Parlement ne prévoit pas de modification des traités européens pour satisfaire le Royaume-Uni. En cas d’accord en fin de semaine, il inviterait les Britanniques à s’opposer au Brexit, c’est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de la famille européenne.

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Mais on n’y est pas encore. Pour Martin Schulz, le projet d’accord négocié entre Londres et Bruxelles ces dernières semaines, qui constituera la base des discussions entre les chefs d’Etat et de gouvernement jeudi et vendredi, n’est pas satisfaisant pour plusieurs points, notamment sur les relations entre les dix-neuf pays de la zone euro, les sept qui n’en font pas partie et les deux – Royaume-Uni et Danemark – qui ont décidé de rester hors de l’euro. Selon lui, la revendication de Londres selon laquelle les institutions financières britanniques seront totalement indépendantes des règles européennes et ne seront ainsi pas concernées par l’Union bancaire, n’est pas acceptable. «Le premier ministre britannique doit encore clarifier ce point précis», a déclaré le président du Parlement européen.

Des règles pour tout le monde

Martin Schulz a en effet fait état d’un problème soulevé par plusieurs pays ces derniers jours, dont la France. Lors de sa rencontre lundi soir à Paris avec le président du Conseil européen Donald Tusk, le chef d’Etat français François Hollande a déclaré son opposition aux concessions faites à la City. Il a expliqué que les règles du marché unique doivent s’appliquer sans discrimination à tous les Vingt-Huit.

Au reste, l’agence de presse en ligne Euractiv croit savoir que la Banque centrale européenne, qui joue le rôle de superviseur dans le cadre de l’Union bancaire et qui doit assurer de la solidité des banques en Europe, estime que l’exception britannique, telle qu’elle est proposée dans le projet d’accord, serait une source d’incertitude.

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