Les avocats ont rarement été aussi débordés en Grande-Bretagne. Certains ont plaidé une vingtaine de cas différents en neuf heures. D’autres n’ont pas dormi de la nuit. Le premier ministre David Cameron avait prévenu: «J’ai un message très clair pour les coupables. Vous allez sentir la pleine force de la justice.» Aussi, les Magistrates’ Courts ont fonctionné à plein régime. Certaines à Londres ont même été ouvertes toute la nuit. Les cas se succèdent à toute vitesse, ne durant parfois que dix minutes.

Il règne aussi une impression de confusion, avec des avocats fatigués, des parents qui dorment sur les bancs, des mères à la recherche de leur fils qu’elles n’ont pas vu depuis plusieurs jours. Parmi les personnes qui comparaissent, des gens de toutes les couleurs, avec quelques profils surprenants comme un trentenaire assistant dans une école maternelle arrêté pour cambriolage, un postier, un sauveteur de 30 ans, ou encore la fille d’un millionnaire qui a reconnu avoir volé pour 6000 euros d’équipements électroniques.

Mais globalement, le point commun de ceux qui défilaient dans les salles d’audience était plutôt leur jeune âge, la plupart ayant une vingtaine d’années ou même moins. Un garçon de 11 ans s’est même retrouvé devant le tribunal. Il a plaidé coupable pour le vol d’une poubelle dans un grand magasin. Le garçon a été libéré sous caution, mais ne peut sortir de chez lui avant la fin du mois.

Toutes sortes de délits sont traités, allant du port d’arme au vol, en passant par la possession de drogue, désordre public (port de masque et de gants), incitation à la violence et déclenchement d’incendie. Certains prévenus ont écopé de plusieurs mois de prison pour vol de matériel électronique ou pour outrage et violence envers un policier. D’autres ont réussi à s’en tirer, comme ce garçon de 18 ans surpris avec deux tee-shirts Burberry volés.

Travail préliminaire

Toutefois, la plupart des jugements ont été reportés de quelques semaines. En effet, les Magistrates’ Courts sont utilisées pour les peines légères et servent à soulager les autres tribunaux. Soit un seul juge donne la sentence, soit une équipe de trois civils bénévoles. Ils ne peuvent généralement pas condamner quelqu’un à plus de 6 mois de prison. Ces cours servent donc surtout à faire un travail préliminaire. Elles ont donc renvoyé la plupart des cas devant la Crown Court, qualifiée pour des peines plus lourdes.

L’enjeu était donc pour beaucoup de savoir s’ils allaient pouvoir attendre leur procès chez eux ou en prison. Souvent, ils n’ont pas réussi à être libérés sous caution. Ce fut le cas d’une jeune fille accusée d’avoir incité à la violence sur Facebook et d’un étudiant qui ne pourra pas se présenter à ses examens en attendant sa peine pour cambriolage fin août. Certains juges ont préféré faire attendre les émeutiers derrière les barreaux.