Les forces de sécurité bahreïnies ont dispersé dans la nuit de mercredi à jeudi les manifestants qui campaient sur une place du centre de Manama, ont indiqué plusieurs témoins à l’AFP. «Ils ont attaqué la place où des centaines de personnes passaient la nuit sous des tentes», a affirmé Fadel Ahmad, 37 ans. Des détonations étaient entendues à quelques centaines de mètres de la place, dont l’accès a été bloqué, ainsi que les sirènes des ambulances. Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés mardi sur la place de la Perle dans le centre de Manama, après la mort de deux jeunes chiites lors de la dispersion de manifestations antigouvernementales dans ce petit royaume du Golfe.

La place a été renommée Tahrir (Libération), comme celle du Caire qui a été l’épicentre du soulèvement ayant provoqué la chute du président Hosni Moubarak. «Ils sont venus par un pont qui surplombait la place. Il y a plusieurs blessés», a affirmé un autre manifestant qui a pris la fuite, Mahmoud Faraj. Un hélicoptère survolait la place alors que les journalistes ont vu des manifestants quitter le secteur, pourchassés par les forces de sécurité.

Les Etats-Unis avaient demandé à Bahreïn, un proche allié, de respecter le droit de ses citoyens à manifester de façon pacifique et à faire entendre leurs doléances, alors que des appels ont été lancés pour des manifestations vendredi et samedi, respectivement par l’opposition et des internautes. La contestation a été déclenchée lundi à l’initiative d’internautes qui ont appelé sur Facebook à des manifestations pour réclamer des réformes politiques et sociales à Bahreïn.