Quel est le regard de la diplomatie française sur les difficultés rencontrées par les forces américaines pour assurer la sécurité en Irak? L'ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Howard Leach, a déclaré mardi: «Nous n'excluons pas une présence française à Bagdad.» Et il a même ajouté que cette présence était «souhaitable». Cette déclaration a été interprétée comme une tentative de tester l'attitude de la France face à une demande de soutien militaire à l'élargissement d'une police internationale en Irak au-delà des contingents de la coalition, même si un tel scénario reste officiellement hors de propos. «La France n'a été saisie d'aucune demande, c'est donc une question qui, à nos yeux, n'est pas d'actualité», a d'ailleurs commenté le porte-parole du Ministère des affaires étrangères. A un journaliste qui revenait à la charge et évoquait une possible saisine américaine de l'OTAN en vue d'élargir la force de stabilisation, le porte-parole a opposé le même silence: «Pour le moment, c'est une question hypothétique, il n'y a pas de telle saisine à ma connaissance.» Seuls quelques députés atlantistes de la majorité UMP ont proposé derechef d'envoyer un régiment de gendarmerie.

La France souhaite que «l'on puisse s'orienter vers un plan de mise en œuvre d'une solution politique, d'un gouvernement des Irakiens, par les Irakiens et pour les Irakiens dans le cadre d'un processus qui serait endossé par les Nations unies puisque nous considérons que c'est aux Nations unies que le processus doit être engagé», ajoute-t-on au Quai d'Orsay. Au moment où il semble qu'on étudie à Paris des scénarios en vue de l'éventuelle participation de plusieurs milliers de soldats français à une force de stabilisation, les diplomates s'emploient donc à faire savoir, après la brouille et la réconciliation, que la France n'a pas changé de position, qu'elle place toujours l'ONU au cœur du processus de reconstruction politique de l'Irak, et que sa participation est conditionnée par le vote d'une résolution à l'ONU.