Rencontre

Forest Whitaker: «Je suis très inquiet de la polarisation des Etats-Unis»

L'acteur et cinéaste américain milite dans sa fondation de promotion des jeunes dans les sociétés affectées par des conflits. Invité ce week-end du Festival du film et forum international sur les droits humains à Genève, il observe avec préoccupation la propagande haineuse qui circule en Amérique

Dans la salle remplie de journalistes de l’Association des correspondants du Palais des Nations (Acanu), il reste calme, presque imperturbable. On croirait le voir dans le film de Lee Daniels, Le Majordome, long métrage dont il fut l’acteur principal ou, dans un autre genre, comme l’adepte de la philosophie des samouraïs qu’il incarnait dans Ghost Dog de Jim Jarmush. Vendredi, à peine arrivé à Genève des Etats-Unis, Forest Whitaker, 57 ans, qui incarne l’ex-archevêque sud-africain Desmond Tutu dans le récent film « Forgiven », est venu plaider la cause de la jeunesse en marge du Festival du film et forum international sur les droits humains dont il est l’une des principales têtes d’affiche.

Aide à la reconstruction

Avec l’organisme international Interpeace basé à Genève, Forest Whitaker n’a pas fait mention de sa carrière cinématographique mais a donné voix à l’une de ses nouvelles passions : aider, à travers la fondation Whitaker Peace & Development Initiative (WPDI) qu’il a créée en 2012, les sociétés qui ont été affectées par des conflits à se reconstruire. Son nouvel engagement lui a valu les honneurs de la France qui l’a honoré du titre de chevalier de l’ordre des arts et des lettres et le titre d'ambassadeur de bonne volonté pour la paix et la réconciliation de l’Unesco depuis 2011. Il a même été invité à parler devant le Conseil de sécurité de l’ONU sur la thématique des enfants grandissant dans des situations de guerre.