L’essentiel

  • Au moins 32 civils ont été tués dans des bombardements russes sur la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine
  • L’Ukraine commémorait samedi la grande famine de 1932-1933 provoquée par le régime stalinien.
  • Près de la moitié des habitants de Kiev étaient toujours privés d’électricité vendredi, deux jours après des frappes russes ayant visé des infrastructures essentielles.

Le premier ministre belge en visite à Boutcha

Le premier ministre belge Alexander De Croo et la ministre des affaires étrangères Hadja Lahbib se sont rendus à Borodianka et Boutcha, deux villes proches de Kiev qui ont été durement touchées par les bombardements depuis l’invasion russe en février. Sur Twitter, Alexander De Croo a affirmé que «la Belgique continuera à lutter contre l’impunité des auteurs de crimes de guerre barbares commis ici par les troupes russes», lors de sa visite à Boutcha, où près de cinq cents corps d’habitants ont été découverts en avril dans les rues de la ville.

Fortes chutes de neige attendues dans la région de Kiev

Les températures devraient rester négatives durant toute cette journée à Kiev, alors que de fortes chutes de neige sont attendues. Or des millions de résidents de la capitale ukrainienne et de ses alentours n'ont qu'un accès limité à l'électricité et au chauffage.

L'opérateur du réseau électrique national, Ukrenergo, annonce que la production d'électricité ne serait en mesure de couvrir que les trois-quarts des besoins de consommation et que des restrictions et des coupures d'approvisionnement seraient nécessaires à travers pays.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que des restrictions avaient été mises en place dans 14 des 27 régions d'Ukraine, et que «plus de 100 000» utilisateurs devaient limiter leur consommation d'électricité dans chacune d'entre elles.

Pourquoi ignorer l’offre de paix de Zelensky?

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OPINION. Il y a dix jours, Volodymyr Zelensky, présentait par visioconférence devant le G20 un plan pour mettre un terme à l’invasion russe en Ukraine. En dix points, le président ukrainien souhaite pousser l’avantage de l’inversion du rapport de force sur le champ de bataille et s’assurer que toute forme de négociation qui pourrait être encouragée par ses alliés, lassés de la guerre et de ses conséquences, tienne compte d’une réalité; celle de la libération en cours de son pays.

Lire l'opinion de notre journaliste: Pourquoi ignorer l’offre de paix de Zelensky?

Sur le front nord-est, les Ukrainiens veulent grignoter du terrain petit à petit

Les températures hivernales sont là et les duels d’artillerie sont violents, mais l’esprit de combat n’a pas quitté «Viking», un soldat ukrainien sur le front nord-est. Pour lui, la motivation est simple: se venger des Russes. «La chose la plus difficile pour moi, c’est la mort de mes amis. J’avais déjà de la motivation avant… mais la colère, l’agressivité et la haine l’ont renforcé», raconte «Viking», le nom de guerre de ce tankiste de 26 ans.

Malgré les lourdes pertes subies par l’armée ukrainienne au cours des neuf mois de combats depuis le début de l’invasion russe en février, «Viking» et les autres membres de son peloton restent confiants dans leur capacité à gagner la guerre. «Nous prévoyons de pousser les Russes jusqu’aux frontières et même plus loin», plaisante-t-il.

Son unité a pris part à la percée de septembre qui a brisé les lignes de défense russes sur le front nord-est, repoussant les forces de Moscou vers l’est au-delà de la rivière Oskil. Cette contre-offensive a ralenti depuis que les Russes ont reformé leurs défenses, mais les Ukrainiens assurent qu’ils continuent de progresser, malgré le froid hivernal qui met à rude épreuve les lignes d’approvisionnement et l’état des routes. «On a repoussé les Russes, on a pris pied et on avance petit à petit», explique «Patriot», un soldat de 23 ans, membre d’un peloton qui campe dans une prairie bucolique entourée de pins près du front.

La vie dans les tranchées

Un Ukrainien a publié sur Instagram des images du quotidien des soldats sur le front, évoluant au fond de tranchées boueuses près de Bakhmout, dans le Donbass.

Lire aussi notre reportage: La région de Bakhmout dans l’enfer de la guerre

Le clan Poutine aurait utilisé des comptes suisses pour financer ces mégayachts

Trois des plus grands yachts du monde ont été confisqués ces derniers mois en Italie, en Espagne et aux Îles Fidji. Ils appartiennent officiellement à l’oligarque russe Eduard Khudainatov, mais les enquêteurs occidentaux soupçonnent que ces bateaux de luxe étaient en fait mis à disposition du président russe Vladimir Poutine et de ses proches.

Selon les recherches de la SonntagsZeitung et du Matin Dimanche, des centaines de millions seraient passés par la petite banque privée Heritage, à Genève, pour financer en partie la construction de ces navires géants. Eduard Khudainatov serait devenu client de l’établissement en 2016. Un ancien banquier suisse aurait également été au cœur des transactions. Il aurait à un certain moment détenu des actions de la société propriétaire du Scheherazade, un yacht valant 500 millions de dollars qui aurait été offert à Vladimir Poutine.

Au moins 32 civils ont été tués à Kherson

Au moins 32 civils ont été tués dans des bombardements russes sur la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, depuis le retrait des forces russes il y a deux semaines, a déclaré samedi le chef de la police locale Ihor Klymenko, sur une publication Facebook citée par l’agence Reuters. Les forces russes ont achevé leur retrait de la ville de Kherson le 11 novembre après une occupation de près de neuf mois. Elles sont désormais positionnées sur la rive orientale du Dniepr, d’où elles bombardent régulièrement la ville.

«De nombreuses personnes sont en train d’évacuer pour se réfugier dans des régions plus calmes du pays. Mais de nombreux habitants restent chez eux, et nous devons leur assurer le maximum de sécurité possible», a détaillé Ihor Klymenko, précisant que la police était de nouveau en service dans la région. Il a ajouté que les enquêteurs ont enregistré 578 crimes de guerre commis par les troupes russes et leurs complices dans la région. Moscou rejette régulièrement les allégations selon lesquelles ses forces auraient visé des civils.

Pour les Ukrainiens, 90 ans après la Grande famine, un «génocide» se répète

Il y a 90 ans, ils étaient des millions à mourir de la Grande famine provoquée volontairement par le régime stalinien et considérée comme «génocide» par Kiev. Aujourd'hui, avec l'invasion russe qui a mis leur pays à feu et à sang, pour beaucoup en Ukraine l'Histoire se répète. «Ce qui s'est passé dans les années 1930 est un génocide et ce qui se passe maintenant c'est aussi un génocide», estime Ganna Pertchouk, une retraitée venue à une cérémonie religieuse à la mémoire des victimes de l'Holodomor (extermination par la faim). «Les parallèles sont très clairs».

Derrière elle, un centre commémoratif de la Grande famine, en forme d'une bougie géante s'élève dans le brouillard sur une colline surplombant le fleuve Dnipro. Une douzaine de prêtres orthodoxes vêtus de robes noires et argentées se préparent à célébrer leur service en plein air, malgré les températures proches de zéro degré. L'archevêque Filaret, 93 ans et longue barbe blanche, pose un bouquet d'oeillets rouges devant un monument représentant une fillette émaciée qui presse des épis de blé contre sa poitrine avant de lancer la cérémonie. «Nous prions pour ceux qui ont péri de la famine», chante un prêtre. «Mémoire éternelle», entonne le choeur composé d'une dizaine de fidèles.

«L'Holodomor n'était pas le résultat d'une mauvaise récolte, mais l'extermination intentionnelle du peuple ukrainien», lance Filaret. Surnommée «le grenier à blé de l'Europe» pour la fertilité de ses terres noires, l'Ukraine a perdu quatre à huit millions d'habitants dans la grande famine de 1932-1933, orchestrée selon des historiens par Staline pour réprimer toute velléité nationaliste et indépendantiste de ce pays, alors république soviétique. Ce drame est officiellement considéré comme un «génocide» par Kiev et plusieurs pays occidentaux, un terme farouchement rejeté par Moscou.

Volodymyr Zelensky lance un programme pour soutenir l’exportation de céréales

Le programme «Grain d’Ukraine» pour soutenir les exportations de céréales vers les pays pauvres a été lancé à l’occasion des commémorations de l’Holomodor. «Nous prévoyons d’envoyer au moins 60 navires des ports ukrainiens vers les pays les plus touchés par la crise alimentaire et qui ont besoin d’une aide urgente. Ce sont des pays comme l’Ethiopie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Somalie, le Congo, le Kenya, le Yémen et d’autres. Nous avons déjà des résultats significatifs dans le cadre de la coopération avec le programme alimentaire des Nations unies, mais nous pouvons faire plus», précise le président ukrainien Volodymyr Zelensky précise sur Telegram.

L’Ukraine commémore les 90 ans de l’Holodomor, la grande famine causée par Staline

L’Ukraine commémore aujourd’hui la grande famine de 1932-1933 provoquée par le régime stalinien. Selon les historiens, 15% de la population ukrainienne est morte durant cet épisode marquant en Ukraine et qui a acquis une résonance toute particulière depuis l’invasion russe. Entre 3 et 6 millions de personnes auraient été victimes de cette grande famine organisée par le régime stalinien dans le sud de l’Empire soviétique, du Kazakhstan à l’Ukraine, en passant par la Russie et les régions cosaques.

L’Ukraine accuse la Russie de recourir aux mêmes tactiques «génocidaires» que celles de Joseph Staline. En novembre 1932, l’ancien dictateur soviétique a ordonné la saisie de toutes les céréales et de tout le bétail dans les fermes nouvellement collectivisées d’Ukraine, y compris les semences destinées à la récolte suivante. Dans les mois suivants, des millions d’Ukrainiens sont morts de faim.

Bélarus: mort du ministre des Affaires étrangères Makeï

Le ministre des Affaires étrangères du Bélarus, Vladimir Makeï, est mort à l’âge de 64 ans, annonce l’agence Belta de ce pays dont le président Alexandre Loukachenko est un proche allié de Moscou. Le Bélarus a mis son territoire à la disposition des forces russes pour lancer leur offensive contre l’Ukraine en février. Kiev accuse Moscou de se servir de ce pays comme base arrière logistique et pour mener ses frappes.

«Le ministre des Affaires étrangères bélarusse, Vladimir Makeï, est mort de façon subite», a indiqué Belta en citant son porte-parole Anatoli Glaz. Vladimir Makeï avait pris part cette semaine à Erevan en Arménie à un sommet de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), alliance militaire menée par Moscou. En février, il avait assuré que «pas un seul» soldat russe ne resterait au Bélarus après des manoeuvres conjointes avec Moscou à la frontière ukrainienne, quelques semaines avant l’offensive.

L'Ukraine engrange les promesses de soutien au 90e anniversaire de l'Holodomor

L'Ukraine engrangeait les promesses de soutien face à Moscou samedi, au 90e anniversaire de l'Holodomor, la famine provoquée volontairement par le régime stalinien dans les années 1930, qui a acquis une nouvelle résonance depuis l'invasion russe.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que son peuple tiendrait bon face aux attaques russes, qui provoquent régulièrement des coupures massives d'électricité et d'eau alors que les températures hivernales s'installent. «Les Ukrainiens ont vécu des choses vraiment terribles. Et malgré tout, ils ont conservé la capacité de ne pas obéir et leur amour de la liberté. Autrefois, ils voulaient nous détruire par la faim, aujourd'hui - par l'obscurité et le froid», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram. «Nous ne pouvons pas être brisés», a-t-il lancé.

Plusieurs dirigeants européens ont fait le déplacement samedi à Kiev pour les commémorations de l'Holodomor, que l'Ukraine considère comme un «génocide». Selon les médias de Pologne et Lituanie, les Premiers ministres de ces deux pays proches soutiens de Kiev, Mateusz Morawiecki et Ingrida Simonyte, sont de passage pour des entretiens qui devraient notamment porter sur une possible nouvelle vague d'immigration d'Ukrainiens en Europe cet hiver.

L'Ukraine plongée dans l'obscurité

Le réseau électrique ukrainien souffre des attaques russes. Un internaute, attentif aux données satellitaires, a publié une image du pays plongé dans l'obscurité.

L'Union européenne va faire des «dons importants» à l'Ukraine

L'Union européenne (UE) prépare «actuellement la livraison à l’Ukraine dans les meilleurs délais de dons importants par les Etats membres» de matériels pour pallier les carences du réseau électrique ukrainien. Elle va «intensifier ses efforts, y compris avec des partenaires, pour aider au rétablissement de l’électricité et du chauffage pour la population», a déclaré vendredi sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une annonce faite à l'issue d'un entretien téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un communiqué, l'UE fournira:

deux cents transformateurs de taille moyenne et un grand autotransformateur de Lituanie ; un autotransformateur de taille moyenne de Lettonie ; quarante générateurs lourds de la réserve de l’UE située en Roumanie. Chacun de ces générateurs peut fournir une alimentation ininterrompue à un hôpital de petite à moyenne taille.

«Près de la moitié de notre système énergétique a été mis hors d'état de fonctionner», annonçait vendredi le premier ministre ukrainien Denys Chmygal. Il réclamait «un soutien supplémentaire» de l'UE pour faire face à cette situation.

Dans un village ukrainien dévasté, l’hiver ajoute de la misère à la misère

Alors que les températures s’effondrent dans l’est de l’Ukraine, Serguiï Khmil n’a pas le choix: il va utiliser les innombrables caisses de munitions abandonnées par l’armée russe en retraite comme combustible cet hiver. Sans ce bois, Serguiï Khmil pense qu’il mourra probablement de froid dans les ruines de son village de Kamyanka. «Le plus dur, c’est de trouver assez de bois coupé», explique-t-il. «Il y a une queue énorme pour obtenir du bois donné par des volontaires».

Sa maison ayant été largement détruite par les bombardements, Serguiï Khmil travaille dur pour convertir sa cuisine d’été en logement hivernal de fortune, désormais rempli de couvertures, de caisses de munitions et d’un fourneau assemblé à partir de douilles d’obus russes. «Je dois recouvrir les murs d’une autre couche d’isolant», ajoute-t-il en observant la pièce modeste qui, il l’espère, lui permettra de passer l’hiver.

En mars, le village a été bombardé et mitraillé par des hélicoptères avant que l’infanterie et les chars ne prennent d’assaut la zone alors que les forces russes avançaient vers le sud depuis Izioum pendant les premiers jours de l’invasion.

Après avoir occupé le secteur, les Russes se sont installés, réquisitionnant les bâtiments, pillant les maisons, volant de l’alcool et conduisant en état d’ébriété, selon les habitants. «Ils ont commencé à s’introduire dans les garages et les maisons et à faire la fête ivres pendant la nuit», raconte Volodymyr Tsybulya, un résident de 53 ans, pendant une pause au milieu de la réparation du toit de la maison de sa soeur. «Ils avaient l’habitude de lancer des grenades pour s’amuser. Je suis arrivé chez moi et j’ai trouvé ma salle de bain détruite par une grenade.»

Et cela a duré des mois, jusqu’à ce qu’en septembre une offensive éclair des forces ukrainiennes écrase le flanc nord-est de l’armée russe, mettant en déroute ses troupes et les envoyant plus loin vers l’est, désemparées.