Tremblement de terre

De forts séismes secouent le sud-ouest du Japon, une Lausannoise témoigne

Jeudi à 17h en Suisse, un séisme de magnitude 6,4 suivi de nombreuses répliques a frappé le sud-ouest du Japon. Il a fait des blessés et des dégâts dans les villes proches de l’épicentre

L’épicentre de ce séisme est situé à onze kilomètres à l’est de Kumamoto, a précisé l’institut américain de veille géologique (USGS). La chaîne publique japonaise NHK a annoncé une magnitude de 6,4.

«J’étais allongée dans mon lit en train de lire et de discuter avec mon amie, quand tout s’est mis à trembler, raconte Séverine Trouilloud, une Lausannoise en visite au Mont Aso, un volcan situé à une trentaine de kilomètres de l’épicentre. Nous avons été surprises. Tout l’immeuble a tangué. Nous avons réalisé qu’il s’agissait d’un tremblement de terre et nous sommes allées chercher des informations sur Twitter et sur internet. Un ami japonais m’a appelé pour nous expliquer la conduite à avoir dans cette situation.»

Intensité proche de celle du 11 mars 2011

L’agence de presse Kyodo précise qu’une quarantaine de blessés, certains gravement touchés, ont été admis à l’hôpital de Kumamoto situé à une cinquantaine de kilomètres du Mont Aso. Un incendie a éclaté à Mashiki, une ville de 34 000 habitants située près de l’épicentre du séisme. Quelque 16 000 foyers sont par ailleurs privés d’électricité.

«Dans la rue, on entend des sirènes, des messages en japonais depuis des voitures de police ou peut-être des haut-parleurs. On voit passer des ambulances et des camions de pompiers, continue la voyageuse lausannoise. Le plus effrayant est de ne pas comprendre la langue. On pense à nos proches et aux personnes blessées».

Plusieurs lignes de train à grande vitesse ont par ailleurs été suspendues à titre préventif. Aucune alerte au tsunami n’a par contre été lancée.

Des répliques toutes les 15 minutes

Selon l’agence de météorologie et NHK, les secousses ont été très fortes par endroits, d’une intensité égale, voire supérieure, à celle du séisme du 11 mars 2011. Mais le système d’avertissement précoce a permis à plusieurs reprises de prévenir les habitants quelques secondes avant qu’ils ne soient secoués, via les smartphones et médias.

«On sent des secousses toutes les 15 minutes environ, certaines aussi fortes que la première, témoigne Séverine Trouilloud. Je reçois aussi des annonces via une application spéciale sur mon téléphone. Il est 1h52 du matin et je viens de ressentir une secousse, magnitude 4,7 selon mon smartphone. Depuis 23h37, il y a eu 13 répliques.»

«Il faut être très vigilant car des répliques importantes peuvent se produire dans les heures à venir», a pour sa part insisté un sismologue de l’université de Tokyo. Une cellule de crise a été immédiatement créée par le gouvernement avec les principales autorités concernées.

Pas de risque nucléaire selon les autorités

Aucune anomalie n’a été constatée dans les centrales nucléaires de Genkai ou Sendai, sur l’île de Kyushu où se situe Kumamoto, ni à la centrale d’Ikata, sur l’île voisine de Shikoku, rapporte l’agence Kyodo.

Le Japon, situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre. Les bâtiments et infrastructures sont dotés de systèmes parasismiques avancés qui permettent de limiter les dégâts matériels dus aux secousses, mais elles peuvent être à l’origine d’incendies, surtout dans les maisons de bois de construction dépassant plusieurs décennies.

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