Vague d’inquiétude autour du franc fort

Après la gestion de l’épidémie d’Ebola, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) risque d’avoir un autre souci: le franc fort. Citant une porte-parole de l’organisation, l’agence de presse Bloomberg a suscité un certain émoi au sein de la Genève internationale la semaine dernière.

L’OMS est plus exposée au franc fort que d’autres organisations, car la grande majorité de ses employés sont basés à Genève et donc payés en francs suisses. La masse salariale va donc augmenter. Ce printemps, les Etats membres doivent décider du budget de l’OMS pour les années 2016 et 2017. Mais, quelques jours après s’être montrée alarmiste, l’organisation se veut désormais plus rassurante. «Nos plus gros contributeurs – les Etats-Unis, la Fondation Gates et le Royaume-Uni – ne versent pas leur cotisation en euros», tempère Christopher Strebel, porte-parole de l’OMS. Or, le dollar s’est moins déprécié face au franc suisse que l’euro.

Du côté du secrétariat de l’ONU à Genève, on est moins inquiet. «Nos budgets sont fixés en dollars et nous avons la possibilité de demander des rallonges en cas de variation défavorable des taux de change», explique Corinne Momal-Vanian, la cheffe de l’information à l’ONU.

«Le franc fort va augmenter le coût de notre siège à Genève», pointe pour sa part Adrian Edwards, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). «Mais nous sommes moins touchés que d’autres organisations, car la plupart de nos activités ont lieu à l’étranger. De plus, nous avons déjà délocalisé certains services à Budapest.» En revanche, le HCR est très touché par la baisse de l’euro en général. Près d’un tiers des contributions au budget de l’organisation se font en euros.