Marine Le Pen devait être à nouveau, hier soir, l’invitée de «Des Paroles et des actes» sur France 2. Une garantie de grande audience que la présidente du Front National a in extremis décidé de boycotter, traitant l’émission de «mascarade» après la décision du présentateur David Pujadas de convier pour débattre avec elle ses deux principaux concurrents en Nord-Pas-de-Calais: Xavier Bertrand du parti «Les Républicains» et le socialiste Pierre de Saintignon.

Faux pas? Bévue médiatique? Pas sûr. La candidate déclarée à l’Élysée, qui avait initialement refusé de débattre avec Daniel Cohn-Bendit ou Valery Giscard d'Estaing, en a surtout profité pour relancer sa diatribe contre le «système» médiatique et politique. «Je représente des millions d’électeurs français. À moi, David Pujadas n’impose rien «s’est-elle justifiée dans un communiqué, accusant le présentateur «d’amateurisme et de servilité» au service d’une «pantalonnade». Ses cibles? L’ancien président Nicolas Sarkozy et le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui avaient protesté contre sa présence seule sur le plateau TV. Un positionnement anti-élites bien plus porteur électoralement, selon le FN, qu’un affrontement en direct avec ses adversaires.