Politique

En France, la bataille des maires

Plus de huit Français sur dix ont une bonne opinion du maire de leur commune. Mais alors que s’ouvre mardi le congrès annuel de l’Association des maires de France et que les élections municipales auront lieu en mars 2020, les complications et les risques de la fonction n’ont jamais été aussi élevés

Leur élection est, avec la présidentielle, le rendez-vous électoral le plus prisé. Lorsque les Français se rendront aux urnes, les 15 et 22 mars 2020, pour désigner les conseillers municipaux et les maires de leurs 34 968 communes, ces derniers se retrouveront, une fois encore, au premier plan. Dans la réalité, cette popularité cache un gouffre d’inquiétudes. Au congrès de l’Association des maires de France qui s’ouvre ce mardi à Paris, la difficulté croissante de remplir leurs mandats, les dysfonctionnements des strates administratives comme les intercommunalités et les métropoles (créées en 2010 et remaniées en 2014), et les risques attachés aux responsabilités communales seront à l’agenda. Des risques tragiquement illustrés, en août 2019, par la mort de Jean Michel Matthieu, maire de Signes (Var), percuté par un camion de gravats désireux de décharger illégalement sa cargaison, qu’il tentait de stopper… Cela, dans un contexte de recrudescence des outrages, violences verbales et agressions envers les élus.

Un chiffre reflète ce malaise: selon une enquête du Cevipof pour Le Monde, 48,7% des maires sortants envisagent de se représenter et 28,3% disent vouloir abandonner. Jusqu’à la date limite de dépôt des candidatures, fin février, des changements peuvent encore intervenir. D’autres appréciations sont plutôt positives: 60% des édiles affirment que la situation de leurs communes s’est «améliorée» depuis le dernier scrutin, en 2014, et près de 70% estiment avoir la reconnaissance de leurs administrés.