68 départements en bleu UMP-UDI

France Primaires en vue pour le parti de Sarkozy, polémique au FN

Election symbolique en France voisine: élu jeudi à la présidence du Conseil départemental de l’Ain, le député UMP Damien Abad, 34 ans, reprend un territoire conquis par la gauche en 2008, et incarne cette nouvelle génération de la droite française que les ténors du parti devront convaincre lors des primaires que l’UMP envisage d’organiser les 20 et 27 novembre 2016, en vue de désigner son candidat à la présidentielle de 2017. Handicapé physique, passé par le Parlement européen, bretteur hors pair, Damien Abad est un proche de Bruno Le Maire, l’adversaire défait par Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP.

Au final, le «troisième tour» des départementales, qui consistait à désigner leurs présidents et à former des majorités, accouche de 48 départements contrôlés par l’UMP, 6 divers droite (DVD), 14 UDI-Modem (centristes), 27 socialistes, 4 radicaux de gauche et 1 communiste. Le PS, majoritaire à l’Assemblée, sauve les meubles dans le Sud-Ouest, le Centre et la Bretagne. Une défaite remarquée est celle du radical de gauche Jean-Michel Baylet dans le Tarn et Garonne, où sa famille régnait depuis les années 1960. Une alliance entre la droite et des dissidents de gauche l’a fait tomber de son piédestal présidentiel pour le remplacer par un inconnu, Alexandre Astruc, agriculteur de 66 ans.

France voisine à droite

Aux portes de la Suisse, tous les départements frontaliers sont désormais à droite. La Savoie sera présidée par l’UMP Hervé Gaymard, la Haute-Savoie par le DVD Christian Monteil, le Jura par le DVD Clément Pernot, le Doubs par la DVD Christine Bouquin, le Haut-Rhin par l’UMP Eric Straumann et le Territoire de Belfort par l’UMP Florian Bouquet. Alors que des binômes homme-femme devaient obligatoirement se présenter dans les 2054 cantons, la parité est oubliée pour les présidences des départements: seules dix femmes y accèdent, dont six sortantes.

La prochaine échéance électorale sera celle des régionales en décembre, sur fond de redécoupage des régions, passées de 25 à 13. Côté exécutifs départementaux, le perdant est le Front national qui, malgré ses 25% de voix au plan national et ses 62 élus, ne contrôle aucun département. La droite présidera le Var, le Vaucluse et l’Aisne où le FN est bien ancré. Le PS conserve le Gard. Des résultats éclipsés hier par la polémique suscitée par Jean-Marie Le Pen. Interrogé à la radio, le président d’honneur du FN a réaffirmé que les «chambres à gaz» restent pour lui un «détail» de l’histoire, et qu’il y a toujours «de fervents pétainistes» dans la formation présidée par sa fille Marine, résolue à gommer l’extrémisme de son parti.