Réforme

La France de la CGT peine à entraver Macron

La première journée d’action de la CGT n’a pas bloqué l’Hexagone. Tandis qu’aux Antilles, Emmanuel Macron a joué la carte de la solidarité

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers de manifestants à être descendus dans la rue mardi en France contre la réforme du Code du travail. Une «très forte» mobilisation sociale, selon la CGT, le premier syndicat français, contraint pourtant de constater que son cavalier seul face au pouvoir risque de s'essouffler rapidement. Le pays n'a pas été bloqué.

Les deux autres grands syndicats, la CFDT et Force ouvrière, ont maintenu leur décision de ne pas participer aux prochaines manifestations. Le test sera donc décisif le 21 septembre prochain pour la seconde journée de grève de la CGT, puis le 23 septembre pour la journée d'action de la «France insoumise», la formation de gauche radicale emmenée par le tribun Jean-Luc Mélenchon, de plus en plus à l'aise dans son rôle d'opposant numéro un au pouvoir. 

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Selon la CGT, le nombre de manifestants a atteint 60 000 rien qu'à Paris. La police, elle, parle de 24 000 dans la capitale, loin des grands rassemblements de juin 2016 contre la loi précédente de réforme du code du travail, défendue par la ministre Myriam El Khomri sous le quinquennat de François Hollande. A Marseille, la préfecture a compté 7500 manifestants, les organisateurs 60 000. Ils étaient entre 8000 et 16 000 selon les sources à Toulouse. Au Havre, la ville du premier ministre Edouard Philippe (issu de la droite), la police comptabilisait 3400 manifestants.

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Pour Emmanuel Macron, cette journée de protestation n'apparait donc pas comme un dangereux nuage à l'horizon. Le président de la République, qui a passé la journée de mardi sur les îles antillaises sinistrées de Saint Martin et de Saint Barthélemy - avant de se rendre au Pérou pour défendre la candidature de Paris aux J.O d'été 2024 devant le comité international olympique - peut au contraire estimer avoir ouvert une brèche significative dans le front syndical.

«Nous tiendrons», a d'ailleurs lancé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Alors que Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a relevé que «le débat social ne se mesure pas seulement à la rue et à la manifestation».

La procréation médicalement assistée pour toutes les femmes

En chute dans les sondages, le chef de l'Etat français ne manque pas d'arguments pour tenir tête à ses opposants. Y compris sur le plan de la communication, afin d'éviter que leurs arguments occupent tout l'espace télévisuel.

En plus des images «positives» de la tournée présidentielle aux Antilles, destinée à démontrer la solidarité de la nation une semaine après le passage meurtrier de l'ouragan Irma, le pouvoir exécutif a habilement laissé la ministre de la Condition féminine, Marlène Schiappa, annoncer la libéralisation, en 2018, de la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes. Une revendication de longue date pour les femmes lesbiennes et célibataires de l'Hexagone, censée démontrer que ce gouvernement économiquement libéral est aussi à l'écoute des revendications sociétales. 

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