Il s’agissait, pour les électeurs français conviés aux urnes dans environ 5000 des 35 000 communes françaises, d’élire leurs conseils municipaux et de désigner leurs futurs maires. Mais au vu des résultats inédits de ce scrutin local, c’est une épreuve nationale qui est depuis dimanche soir engagée pour Emmanuel Macron et le pouvoir exécutif. Vague verte dans de nombreuses métropoles, échec généralisé des candidats du parti présidentiel, bonne résistance des partis traditionnels de droite et de gauche et surtout désaffection sans précédent pour les isoloirs, avec près de 60% d’abstentions… La volonté de réforme et de changement exprimée par les électeurs français en 2017 lors de l’élection présidentielle a basculé du côté de l’écologie et du doute démocratique. Pour combien de temps et avec quelles conséquences? Explications.

■ Cette abstention massive qui a changé la donne

Estimée à près de 60%, l’abstention ce dimanche a non seulement été massive, mais elle est la plus importante depuis 1958 et confirme la désaffection des Français pour les urnes, alors que les protestations dans les rues se multiplient depuis la crise des «gilets jaunes» en 2018-2019. Bien sûr, des facteurs ponctuels expliquent ce résultat, à commencer par la décision controversée d’organiser ce second tour du scrutin à la fin juin, trois mois avant le premier tour du 15 juin (53,5% d’abstention au niveau national) qui s’était tenu alors que le coronavirus commençait à déferler sur la France. Le fait que le Covid-19 continue de circuler dans le pays (de nombreux retraités ne sont pas allés voter), et la perte de sens de ce scrutin engendré par ce délai entre les deux tours (normalement séparés par une semaine) peuvent expliquer cette désaffection.