La Suisse ne doit s’attendre à aucune indulgence dans le dossier du secret bancaire. C’est le message abrupt qu’ont envoyé, mardi à Paris, les ministres allemand et français des Finances, Peer Steinbrück et Christine Lagarde.

Comme à son habitude, l’Allemand a été le plus virulent : «Je le dis tout net : l’évasion fiscale, je dis bien l’évasion fiscale, touche à la souveraineté de mon pays», a-t-il lancé aux journalistes suisses qui s’apprêtaient à l’interroger. Aucune chance, donc, que la distinction helvétique entre fraude (punissable) et évasion fiscale (tolérée) soit reconnue au sommet du G20, qui se tiendra le 2 avril prochain à Londres.

Christine Lagarde a confirmé que les vingt plus grandes économies mondiales préparent une «liste noire» assortie de sanctions, par exemple la dénonciation des traités fiscaux qui permettent aux entreprises étrangères de bénéficier d’abattements sur leurs investissements en Suisse.

Pour échapper à l’inscription sur cette liste, la Suisse devra faire des concessions radicales, avertit Peer Steinbrück: accepter l’échange d’informations avec l’étranger dans les cas d’évasion fiscale, une mesure que Berne et la place financière s’étaient jusqu’ici refusées à envisager.

Mais selon le ministre allemand, les esprits sont en train d’évoluer : «Je constate avec plaisir qu’il y a des voix, au Sud de l’Allemagne, qui se montrent ouvertes sur la possibilité de trouver une solution.»