Toutes deux étaient supposées incarner le professionnalisme au sein du gouvernement français. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, est une experte en ressources humaines qui dirigea le personnel du géant Danone. Nicolas Belloubet, ministre de la Justice, incarne, comme professeure de droit et ex-membre du Conseil constitutionnel, l’autorité de l’Etat et la force de la loi. Problème: ces deux sexagénaires, recrutées par Emmanuel Macron après son élection à la présidence, se retrouvent aujourd’hui accusées d’être déconnectées des réalités dans deux affaires distinctes. Une accusation emblématique des problèmes de prise en compte des «réalités» françaises par le gouvernement, alors que s’est ouvert lundi à l’Assemblée nationale le débat sur le projet controversé de réforme des retraites, dont l’adoption se fera en procédure accélérée, pour contourner l’obstruction de l’opposition avec quelque 20 000 amendements déposés.