En France, les fêtes de Noël et du Nouvel An se dérouleront presque à huis clos. Lors d’une conférence de presse jeudi soir sur les modalités du déconfinement – promis par Emmanuel Macron à partir du 15 décembre – le premier ministre, Jean Castex, a confirmé que le pays resterait en partie verrouillé pour éviter une aggravation de la pandémie de Covid-19. Dans l’Hexagone, 292 personnes sont mortes du covid ces dernières vingt-quatre heures et 13 750 nouveaux cas ont été détectés. Près de 2,4 millions de personnes ont y été infectées par le Covid-19 depuis l’apparition de l’épidémie. L’objectif affiché par Emmanuel Macron pour décider d’un retour complet à la normale était un nombre quotidien de contaminations inférieur à 5000.

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Le principal changement – conforme à l’engagement présidentiel de réouverture progressive à l’issue de six semaines de confinement entamées le 28 octobre – sera, à partir de mardi prochain, l’abandon de «l’attestation» pour se déplacer sur tout le territoire, et donc la levée de la restriction des 20 kilomètres. Un couvre-feu restera par contre en vigueur dès 20 heures et jusqu’à 6 heures du matin «avec des possibilités de dérogation limitées».

Cette mesure limitera par conséquent la vie nocturne lors de la soirée du Nouvel An. La veillée de Noël du 24 décembre échappera en revanche à cette règle, même si le chef du gouvernement a de nouveau conseillé de se limiter à des rassemblements restreints. «Noël occupe une place à part dans nos vies et nos traditions […], a expliqué Jean Castex. Nous autorisons donc les déplacements pour cette soirée du 24 décembre, mais en vous rappelant la règle: pas plus de six adultes à la fois.»

Télétravail autant que possible

Une tolérance sera mise en place pour les passagers débarquant des trains ou des avions après 20 heures, contraints de circuler durant le couvre-feu. L’amende forfaitaire en cas de violation de ce dernier demeure fixée à 135 euros et les patrouilles de police seront renforcées. Les départements et territoires d’outre-mer ne seront pas concernés par cette interdiction de déplacement nocturne.

L’autre mauvaise nouvelle, pour tous ceux qui espéraient reprendre le chemin d’une vie normale côté loisirs, est le maintien de la fermeture des lieux culturels: théâtres, cinémas ou musées, dont la réouverture pourrait intervenir seulement le 7 janvier. Idem pour les «enceintes sportives» qui resteront aussi hors d’atteinte. La fermeture actuelle des restaurants et des cafés reste en vigueur au plus tôt jusqu’au 20 janvier.

Les entreprises sont par ailleurs priées, partout où elles le peuvent, de ne pas reprendre un rythme de travail normal. «La liberté de circulation retrouvée ne nous autorise pas, par contre, à diminuer le recours au télétravail partout où il est possible», a précisé le premier ministre français, qui avait géré le premier déconfinement de mai avant d’être nommé à l’Hôtel Matignon par Emmanuel Macron.

Privé de ski

Côté vacances à la neige, les stations de ski françaises seront bien ouvertes pour accueillir les familles, mais les remontées mécaniques ne seront accessibles qu’à des groupes d’utilisateurs bien identifiés comme «les professionnels dans l’exercice de leur activité, mais aussi les pratiquants mineurs licenciés au sein d’une association sportive affiliée à la Fédération française de ski», selon le texte du décret paru le 5 décembre.

L’exception concernera également les personnes autorisées à pratiquer une activité sportive, c’est-à-dire les sportifs professionnels et de haut niveau ainsi que les formations continues ou des entraînements nécessaires pour le maintien des compétences professionnelles. Le grand public sera donc privé de ski.

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Une rencontre est prévue ce vendredi entre le gouvernement, une délégation d’élus de montagne et des professionnels du secteur pour mettre en place une indemnisation adéquate. Les compagnies d’assurances ont déjà été mises à contribution cette semaine. Pour 2021, celles-ci se sont engagées à ne pas augmenter les tarifs de leurs contrats pour l’hôtellerie-restauration, le tourisme, l’événementiel, le sport et la culture, «parce que ce sont tous les secteurs qui souffrent le plus de la pandémie».

Quant à l’évolution de cette dernière, les chiffres sont synonymes d’échec. «Nous ne sommes pas encore au bout de cette deuxième vague et nous ne serons pas le 15 décembre à l’objectif que nous nous étions fixé de passer en dessous des 5000 nouveaux cas par jour, a confirmé Jean Castex. Quelles sont les raisons de ce plateau? Le relâchement collectif. Un brassage plus important dans la population et le facteur climatique, froid et humidité. […] Si nous ne changeons rien, le risque est que la deuxième vague reparte dans les prochaines semaines. Que les cas graves se remettent à augmenter.»