Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Un officier de police regarde en direction d’un lieu d’intervention, le soir où Mohamed Abrini a été arrêté.
© STEPHANIE LECOCQ

Attentats

La France plus que jamais dans le collimateur terroriste

Selon Mohamed Abrini, le principal suspect arrêté vendredi à Bruxelles, les attentats du 22 mars dans la capitale belge ont été décidés dans l’urgence, faute de pouvoir frapper à nouveau l’Hexagone

Cinq nouvelles arrestations à Bruxelles, un homme clé du réseau djihadiste de Molenbeek sous les verrous… et une France toujours dans le collimateur des terroristes. Trois jours après l’interpellation vendredi après-midi à Anderlecht, à la périphérie de Bruxelles, de cinq individus dont Mohamed Abrini, recherché par toutes les polices d’Europe depuis les attentats parisiens du 13 novembre, les informations diffusées au compte-gouttes par les enquêteurs et les magistrats belges ont conduit le premier ministre français, Manuel Valls, à réaffirmer, depuis Alger où il se trouvait ce week-end en visite officielle, que «des menaces très élevées» pèsent toujours sur l’Hexagone.

Des propos sécuritaires assurés de relancer le débat sur le maintien ou non de l’état d’urgence, décrété pour trois mois dans la nuit des attentats, puis prorogé en février jusqu’au 26 mai. D’autant que la France accueillera l’Euro de football pour un mois, dès le 10 juin.
L’essentiel des interrogations porte désormais sur l’itinéraire et le rôle exact joué par Mohamed Abrini au sein de la nébuleuse qui a fomenté les attentats parisiens, puis ceux du 22 mars à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles. Agé de 32 ans, délinquant endurci et ami d’enfance de Salah Abdeslam – interpellé, lui, le 18 mars à Molenbeek –, ce Belgo-Marocain aurait avoué, très vite après son arrestation, être «l’homme au chapeau», ce troisième terroriste filmé par les caméras de l’aéroport de Zaventem, aux côtés des deux kamikazes qui s’y sont fait exploser: Ibrahim el-Bakraoui et Najim Laachraoui.

Lire aussi: Mohamed Abrini arrété, le réseau terroriste démantelé ?

Abrini avait été vu avec Abdeslam les 10 et 11 novembre dans une station d’essence de l’autoroute du nord, alors qu’ils descendaient ensemble dans la Renault Clio ayant par la suite servi à déposer les kamikazes du Stade de France. Sa trace a ensuite été retrouvée dans plusieurs «appartements conspiratifs» de la cellule bruxelloise composée des deux frères Ibrahim et Khalid el-Bakraoui (ce dernier étant l’auteur de l’attentat suicide dans le métro), de Najim Laachraoui et de Mohamed Belkaïd, alias Samir Bouzid (tué le 15 mars). Sa participation à l’attentat contre l’aéroport – d’où il se serait enfui dans le chaos après l’explosion de deux bombes sur trois, jusqu’à ce que sa trace se perde dans le quartier européen – tendrait donc à prouver sa responsabilité directe dans les deux tragédies ayant coûté la vie à 162 personnes, et son intention de procéder ensuite à d’autres frappes, éventuellement avec les «recrues» interpellées vendredi, parmi lesquelles un jeune Belgo-Rwandais et un autre jeune Belgo-Marocain.

Selon Abrini, les attentats du 22 mars auraient dû avoir lieu en France

Le problème est qu’à ce stade, et malgré l’inculpation d’Abrini pour «assassinat terroriste» ce week-end, rien ne prouve que ce dernier dise la vérité, et qu’il ne couvre pas ainsi d’autres membres toujours en liberté du réseau de Molenbeek. Le fait qu’il ait très vite désigné de nouveau la France comme objectif principal, affirmant que les attentats du 22 mars auraient dû en fait avoir lieu dans l’Hexagone et non à Bruxelles, ravive aussi l’inquiétude sur l’étendue des ramifications djihadistes des deux côtés de la frontière. Un ex-délinquant au casier judiciaire chargé interpellé le 24 mars par la police française à Boulogne-Billancourt, Reda Kriket, pourrait avoir été en contact avec Abrini en vue d’autres opérations.

Difficile, dans ces conditions, d’envisager, comme l’a pourtant promis le gouvernement français, une levée prochaine de l’état d’urgence et des pouvoirs d’exception donnés aux policiers. Alors que l’extradition de Salah Abdeslam vers la France est attendue dans les prochains jours, et après l’échec politique essuyé par le président, François Hollande, qui n’a pas obtenu l’aval du parlement à son projet de réforme constitutionnelle visant à inscrire la déchéance de nationalité et l’état d’urgence dans la loi fondamentale, ces nouvelles arrestations bruxelloises ne ressemblent pas, en effet, à un épilogue.

Lire aussi: Salah Abdeslam: pour ce seul tueur rescapé, une avalanche de questions

«Tout ce qu’Abrini et Abdeslam pourront dire doit être pris avec les plus grandes précautions, expliquait ce week-end l’expert belge des services de renseignement Claude Moniquet. D’abord parce que l’étendue du réseau constitué autour d’Abdelhamid Abaaoud (tué le 18 novembre à Saint-Denis) demeure mystérieuse. Ensuite parce que le risque de voir d’autres fous de Dieu chercher maintenant à les venger est très réel.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a