Les femmes qui choisissent de se couvrir le visage pour des raisons religieuses sont peu nombreuses dans le pays, moins de 2.000, selon des chiffres officiels. Mais le débat cristallise depuis six mois un questionnement français sur la place de l’islam dans la société.

Au terme de 200 auditions, la mission préconise l’adoption d’une résolution parlementaire qui «proclame que c’est toute la France qui dit non au voile intégral et demande que cette pratique soit prohibée sur le territoire de la République».

Outre cette résolution – une déclaration solennelle du Parlement qui n’est pas juridiquement contraignante –, la mission présente une série de «propositions», appelant notamment à «adopter une disposition interdisant de dissimuler son visage dans les services publics», y compris les transports.

Menaces proférées contre un imam

Parallèlement, quelque 80 personnes ont fait irruption lundi soir dans la mosquée de Drancy, en région parisienne, où se trouvaient quelque 200 fidèles. Elles ont proféré des menaces à l’encontre de l’imam Hassen Chalghoumi, proche de la communauté juive et qui s’est récemment prononcé pour l’interdiction de la burqa.

«Ils ont forcé le passage et se sont emparés du micro après une bousculade. Ils ont alors adressé des menaces et des anathèmes à l’adresse de l’imam, le traitant de «mécréant», «d’apostat» et affirmant: «on va liquider son cas», à cet imam des «Juifs»», a expliqué un conseiller de la Conférence des imams, qui a requis l’anonymat.

La Conférence des imams, lancée en 2009 à Drancy, est un collectif qui promeut un «dialogue interreligieux et la promotion d’un islam ouvert».

Hassen Chalghoumi s’est dernièrement déclaré favorable à une loi interdisant la burqa en France, déclarant que le voile intégral est «une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d’embrigadement islamiste».

L’imam de Drancy entretient, par ailleurs, de bonnes relations avec les représentants de la communauté juive. «Certains ne lui pardonnent pas d’avoir accueilli dans sa mosquée, chaussures enlevées, le président du C représentatif des institutions juives, Richard Prasquier», a ajouté le conseiller.

En janvier 2009, la voiture de l’imam avait été vandalisée et Hassen Chalghoumi avait indiqué avoir reçu des menaces sur son téléphone portable et des mises en garde dans la rue.

Trois ans plus tôt, son domicile avait été saccagé après qu’il eut appelé les musulmans du monde entier à respecter la mémoire juive, au mémorial de Drancy, ville où étaient rassemblés les juifs avant d’être déportés vers les camps nazis.