Le ministre de l’Energie, Jean-Louis Borloo, a estimé mardi qu’«il n’y avait pas de risque de pénurie» de carburant en France, au septième jour d’un conflit entre le groupe pétrolier Total et les syndicats, estimant qu’il y avait une «dizaine de jours de sécurité». «Il n’y a aucun risque de pénurie, il faut garder son calme […] Nous avons une dizaine de jours de sécurité», a-t-il déclaré, dans un entretien à la radio Europe 1.

Les syndicats de Total ont été invités par la direction à une réunion mardi matin au siège du groupe à La Défense (Hauts-de-Seine), afin de tenter de sortir du conflit dans les raffineries. Le gouvernement français a mis en demeure lundi le groupe pétrolier Total d’apporter des réponses concrètes aux revendications des syndicats sur le maintien de son activité de raffinage, au sixième jour d’un conflit qui menace d’entraîner une pénurie d’essence dans le pays.

La grève a commencé mercredi dernier en soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque, dans le nord de la France, menacée de fermeture. Les syndicats dénoncent une restructuration motivée par des considérations financières de la part d’un groupe qui a dégagé en 2009 un bénéfice net de 7,8 milliards d’euros. Ils exigent des garanties sur le maintien de l’activité de raffinage en France.

L’annonce par Total d’un comité central d’entreprise avancé, bien accueillie par le syndicat CFDT, a été jugée «insuffisante» par le syndicat majoritaire, la CGT, qui mène le conflit.

A la raffinerie de Dunkerque, les grévistes ont voté la reconduction du mouvement, la réponse de Total laissant selon eux encore «beaucoup d’interrogations» en suspens.

Total, premier groupe industriel français, assure plus de la moitié de l’approvisionnement des stations-service du pays, et les dépôts de carburant, dont certains sont également en grève, ont vu leurs réserves fondre à «7-10 jours» de consommation lundi, selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip).

La menace d’une pénurie, en plein chassé-croisé des vacances d’hiver, a déjà provoqué l’assèchement de certaines stations-service, les conducteurs s’approvisionnant par précaution. En fin d’après-midi, il y avait «127 stations-service Elf et Total, sur un total de 2.600 en France, en pénurie d’au moins un carburant», a indiqué un porte-parole du groupe.