L'affrontement est programmé entre Nicolas Sarkozy et le Parlement européen. Le 4 juin, soit deux semaines avant la présentation publique du programme des trois prochaines présidences tournantes de l'Union européenne - France, République tchèque et Suède -, les eurodéputés débattront de la directive «retour» qui fixe les conditions d'expulsion des clandestins, et propose une durée de rétention maximale de dix-huit mois. Mais un autre débat se profile déjà sur le «pacte pour les migrations» que la France espère faire passer.

Offensive contre les illégaux

Dans son édition de jeudi, le Financial Times a révélé le contenu d'un document français qui défend, notamment, l'idée d'une «offensive coordonnée contre les illégaux» à travers l'Europe, et d'une introduction rapide des visas biométriques. Une autre idée, chère à Nicolas Sarkozy, est de proposer aux migrants légaux un «contrat» par lequel ces derniers s'engageraient à apprendre la langue du pays d'accueil et à respecter les «valeurs européennes». La Suisse, qui intégrera l'espace Schengen à la fin 2008, sera concernée par ricochet.

En contrepartie, Paris veut accélérer la mise en place de deux propositions faites par la Commission européenne en octobre 2007: la création d'une «carte bleue» pour les immigrés qualifiés, leur permettant de circuler au sein de l'UE, et l'instauration d'une procédure communautaire unique pour les permis de travail et de séjour.

Les propositions françaises circulent en ce moment entre les capitales. Le risque, selon la gauche du Parlement européen, est que le durcissement l'emporte sur l'ouverture des frontières. Franco Frattini est notamment pointé du doigt. L'ancien commissaire européen promoteur de la «carte bleue» exige maintenant, comme ministre italien des Affaires étrangères, un tour de vis contre les clandestins.