Afrique

Avec la France, quelles relations?

> Cinquante ans d’indépendance

Sur les 17, 14 sont des anciennes colonies françaises. La France a toujours adoré le continent noir. Sa volonté d’être «plus grande en Afrique» date de son arrivée au Sénégal en 1659. Aujourd’hui, il existe de nombreux mots pour décrire cette relation spéciale: pré carré, village franco-africain, chasse gardée, gendarme, Françafrique.

Ce dernier terme apparaît pour la première fois dans la bouche du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny qui décrivait la grandeur des relations franco-africaines. Le mot perd sa valeur positive quand, en 1998, paraît La Françafrique, le plus long scandale de la République de François-Xavier Verschave. Les affaires de l’ombre sont mises en lumière. La France, des années durant, a maintenu des dictateurs au pouvoir, des accords militaires lui ont permis de conserver un poids prépondérant et à plusieurs entreprises nationales d’assurer une domination économique néocolonialiste en Afrique francophone.

La mort de certains «grands amis», l’arrivée des Etats-Unis et de la Chine, la rupture annoncée par Sarkozy aurait effiloché ces réseaux. Qui n’existent plus, selon Antoine Glaser, rédacteur en chef de La Lettre du Continent. Mais tout le monde n’est pas si catégorique. La majorité de l’aide au développement française va au sud du Sahara, où la France reste un acteur essentiel. Pendant ce temps, rappelle Gilles Labarthe, Serge Dassault, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, les entrepreneurs réputés très proches de Nicolas Sarkozy, sont très présents en Afrique. Les Français n’ont plus bonne presse auprès des populations africaines. Les relations entre l’ancienne métropole et le continent, entre non-dits et ambiguïtés incessantes, y sont sans doute pour quelque chose.

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