France

En France voisine, les macronistes jubilent

En terre de droite, le climat de la soirée électorale à Annecy a été inhabituel. Les macronistes sont venus nombreux. Les représentants de la droite classique se sont faits discrets

C’était un signe. Le premier à se présenter dimanche soir à la soirée électorale organisée à la préfecture d’Annecy fut Guillaume Gibouin, le référent en Haute-Savoie d’En Marche! Heureux d’annoncer à la presse dès 19h45 qu’Emmanuel Macron était en tête à Saint-Julien en Genevois. Ce transfuge du Parti socialiste, ingénieur commercial, jeune lui aussi (41 ans), se dit à peine étonné que son leader arrive en tête au premier tour de ce scrutin présidentiel. «Nous sentions que les Français avaient besoin de renouvellement, nous avons travaillé là-dessus.»

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Une terre longtemps très sarkozyste

Non loin de lui, Pascal, 51 ans, cadre administratif à l’hôpital d’Annecy, développe: «Moi j’ai voté Macron pour ma fille qui a 16 ans. Elle doit vivre dans une société où c’est par son travail qu’elle bâtira sa vie. Elle doit se sentir française et européenne et qu’on cesse de lui faire haïr les autres. Emmanuel Macron représente une nouvelle manière d’aborder la politique, de construire une majorité élargie et pas réservée à un clan, et d’associer la société civile aux affaires du pays». Il poursuit: «Je votais à droite mais cette droite-là a perdu sa dignité et tout bon sens. Fillon aurait dû se démettre, j’aurais alors voté pour Alain Juppé.»

Mine déconfite de Loïc Hervé, le sénateur-maire centriste de Marnaz. En terre haut-savoyarde de droite, longtemps très sarkozyste, l’élimination de François Fillon fait mal. «J’ai soutenu Alain Juppé au premier tour de la primaire de droite, j’avais mis en garde contre le risque de voir le leader de la droite traditionnelle être éjecté à cause des affaires, d’un certain délitement. Le message est ce soir fort, quasiment prévisible», explique-t-il. Pour qui votera-t-il le 7 mai lors du second tour? «La question ne se pose même pas. Je me bats depuis 19 ans contre l’extrême droite, je voterai pour le centre.»

Macron: «meilleur adversaire» pour le FN

Arrive Vincent Lecaillon, le secrétaire départemental du Front national, parti qui n’a jamais fait de grands scores dans le département, excepté à Cluses, dans la vallée de l’Arve, son bastion, où il est arrivé en tête du premier tour des régionales en 2016, avec 35,50% des voix. Il confie au Temps: «Je suis heureux, Macron est notre meilleur scénario. Ce sera la confrontation entre le mondialisme super-classe et le patriotisme et l’Etat-Nation qui protègent les Français. Projet clair contre projet clair, nous allons l’emporter». Jonathan, étudiant en sciences politiques à Lyon, macroniste, confie, tout sourire: «Emmanuel est une chance pour les jeunes, il a compris qu’avec le numérique une révolution était en marche, comme l’électricité avant, il est un innovant et il va créer les nouveaux emplois dont la France a besoin demain.»

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Les résultats:

En Haute-Savoie, François Fillon est en tête avec 25,41% des voix, devant Emmanuel Macron (24,23%), Marine Le Pen (18,84%) et Jean-Luc Mélenchon (15,53%). Benoît Hamon avec 5,09% est dépassé par Nicolas Dupont-Aignan qui obtient 6,68% des suffrages exprimés.

Dans l’Ain, Marine Le Pen arrive en tête avec 28,78% des voix, devant François Fillon (20,34%), Emmanuel Macron (20,31%). Suivent Jean-Luc Mélenchon (14,99%) et Nicolas Dupont-Aignan (6,74%). Benoît Hamon est plus loin encore avec 4,70% des suffrages exprimés.

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