«A la lumière des déclarations du président Sarkozy, le gouvernement du Mexique considère que n’existent pas les conditions pour que l’année du Mexique en France soit menée à bien de manière appropriée et que soit mis en œuvre l’objectif pour lequel elle avait été conçue», a indiqué le Ministère mexicain des affaires étrangères dans un communiqué. «Tant qu’on ne constate pas qu’existent les conditions indispensables pour le développement de l’année du Mexique en France conformément aux termes arrêtés par les deux gouvernements, le gouvernement du Mexique ne sera malheureusement pas dans la possibilité de participer à ses activités», souligne le gouvernement mexicain.

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé lundi sa décision de maintenir l’Année du Mexique en France mais en la dédiant à Florence Cassez, tout en renouvelant sa demande d’un transfèrement de la jeune femme en France.

Condamnation confirmée en appel à 60 ans de prison

Un tribunal mexicain avait rejeté jeudi le pourvoi en cassation de Florence Cassez, qui clame son innocence depuis plus de cinq ans, et confirmé sa condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements, port d’armes et participation à délinquance organisée.

Dans son communiqué, le gouvernement mexicain réaffirme, comme il l’avait déjà fait en mars 2009 après le jugement en appel, qu’il ne peut donner son accord au transfèrement de Florence Cassez en France dans le cadre de la Convention de Strasbourg, «en raison des différences substantielles entre les systèmes juridiques des deux pays».

«Il est vraiment surprenant qu’un chef d’Etat prenne une décision de politique extérieure affectant les liens entre deux peuples et deux gouvernements en consultant une personne condamnée par la justice mexicaine pour des délits de nature particulièrement grave», souligne le ministère mexicain.

Lundi soir, le président Sarkozy avait annoncé sa décision sur l’Année du Mexique en France après discussion à Paris avec les parents de Florence Cassez et après avoir parlé «longuement» au téléphone avec la jeune femme.

Annulation possible

«Le gouvernement du Mexique ne permettra pas que les artistes et créateurs, ainsi que les entrepreneurs et autres participants à ce programme, soient exposés à des manifestations étrangères aux objectifs qui les avaient mobilisés à l’origine et qui empêcheraient une appréciation adéquate de leurs œuvres et de leurs contributions», a souligné le ministère mexicain.

Interrogée par l’AFP, la sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Lourdes Aranda, a estimé que la France avait «changé les règles du jeu de manière unilatérale». «Nous avions été invités à un événement culturel et cela devient un hommage à une ravisseuse.» Selon elle, le gouvernement mexicain n’a pas encore pris une décision définitive d’annulation. Mais une telle décision pourrait intervenir si le gouvernement mexicain «constatait que les conditions ne changent pas».

L’affaire Florence Cassez brouille depuis des mois les relations franco-mexicaines. Elle avait en partie monopolisé la visite du président Sarkozy au Mexique, en mars 2009.

Les relations entre les deux pays s’étaient encore dégradées après le rejet jeudi du pourvoi en cassation de la jeune Française, avec convocation dans les capitales respectives des ambassadeurs des deux pays.