La France et la Russie sont en train de négocier pour trouver une solution au contentieux entre les deux pays sur la livraison à Moscou de deux navires Mistral, que Paris a suspendue en raison du conflit ukrainien, a affirmé dimanche le président français François Hollande.

«C’est encore l’objet de discussions. Nous sommes en train de négocier pour trouver une solution de sortie de crise», a déclaré M. Hollande sur la télévision française Canal+, à quelques jours d’une rencontre programmée avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Le chef de l’Etat français doit parler vendredi à Erevan avec son homologue russe de la situation en Ukraine, en marge des commémorations du centenaire du génocide arménien.

«On verra si on en discute vendredi», a précisé François Hollande en évoquant les Mistral, sans s’avancer sur l’évolution du dossier, qui empoisonne depuis près de six mois les relations entre Paris et Moscou.

Moscou demande de restituer l’argent

La France a suspendu fin novembre jusqu’à nouvel ordre la livraison du premier des deux navires qui devait être livré à la Russie, en raison du rôle de Moscou dans le conflit en Ukraine.

Paris a répété depuis lors que les conditions de cette livraison n’étaient toujours pas réunies et Moscou a menacé à plusieurs reprises de lancer des procédures devant des cours d’arbitrage international.

Tout en jugeant cette suspension sans importance, le président Poutine a déclaré jeudi partir du principe que les Français rendront l’argent, en cas de non livraison définitive. Il faut que les pertes que nous avons subies soient remboursées, a-t-il dit.

Peu avant, le patron de la société publique de ventes d’armes russe Rosobronexport, Anatoli Issaïkine, avait évoqué un délai contractuel donnant environ deux mois à Paris et Moscou pour chercher un compromis sans saisir les tribunaux.

Contrat à un milliard d’euros

Selon l’hebdomadaire français Paris Match, M. Issaïkine a remis à un émissaire de la présidence française début avril à Moscou une liste de frais à rembourser par Paris en cas de non-livraison des Mistral, dont le montant total dépasse le milliard d’euros.

La vente à la Russie des deux Mistral avait été conclue en 2011 durant le mandat de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, dans le cadre d’un contrat évalué à environ 1,2 milliard d’euros.

Les Mistral, deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères, des chars ou accueillir un état-major embarqué.