Le Temps: Après les tensions au cours de l'été, comment qualifiez-vous vos relations avec la Suisse?

Francisco Santos Calderon: Notre relation est comme un mariage, avec de bons et de mauvais moments. Certaines différences ont été publiquement évoquées, mais nos buts communs sont plus importants. Notre relation est bonne et elle franchira une nouvelle étape avec la signature en novembre de l'accord de libre-échange avec l'AELE (ndlr: dont la Suisse).

- Où en est la procédure visant Jean-Pierre Gontard?

- Elle est de la responsabilité de l'équipe du procureur général, une section indépendante. Pour vous dire la vérité, je ne sais pas à quelle vitesse elle avance. (ndlr: selon la RSR, une commission rogatoire a été déposée le 10 septembre).

- Cet été, la presse a ressorti des accusations colombiennes sur des pays d'Europe, dont la Suisse, abritant des membres des FARC...

- Nous savons que les FARC disposent d'un réseau de gens servant différents buts. Les informations ont été transmises aux pays concernés pour qu'ils puissent enquêter.

- Avez-vous des informations spécifiques sur la Suisse?

- Toutes les informations à notre disposition ont été données aux autorités suisses. La Suisse est un pays sérieux, nous savons qu'il ne les prendra pas à la légère. C'est tout ce que nous pouvons demander.

- De récents rapports ont mis en cause la situation des droits de l'homme en Colombie.

- Oui, nous avons des problèmes. Nous les affrontons ouvertement et nous les traitons. Mais notre évaluation démontre une grande amélioration. Nous ne sommes pas d'accord avec ces rapports qui relèvent plus de la posture idéologique que de la réalité. Et nous sommes ouverts à la surveillance: la Colombie et la Suisse sont les seuls pays à s'être volontairement soumis à l'Examen périodique universel.

- Quel est votre regard sur les manifestations des Indiens (lire ci-dessus)?

- Depuis que nous sommes aux affaires, nous avons dit que les manifestations étaient autorisées. Mais ces gens ont bloqué la principale autoroute de la Colombie. Cela est inacceptable car cela empiète sur les droits des autres Colombiens. Nous devons garantir ces droits.