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François Asselineau, alors candidat à la présidentielle française, en avril 2017.
© AFP / PHILIPPE HUGUEN

International

François Asselineau vient défendre ce week-end son «Frexit» en Suisse

L’ancien candidat à la présidentielle française sera ce vendredi à Genève, puis à Morges et à Neuchâtel pour défendre son projet: le divorce entre la France et l’Union européenne

François Asselineau en est persuadé: la montée des populismes européens, la décision des Britanniques d’aller de l’avant avec le Brexit et la chute brutale de popularité d’Emmanuel Macron prouvent que «les événements [lui] donnent raison». Une conjoncture parfaite, donc, pour venir présenter en Suisse, à partir de vendredi, son projet de «Frexit»: un divorce le plus rapide possible entre la France et l’Union européenne. Cela à une semaine de la visite officielle à Paris du président Alain Berset, où celui-ci viendra défendre l’idée d’une sortie par le haut aux pourparlers entre Berne et Bruxelles: «La Confédération est l’exemple qui démontre l’urgence de ce Frexit, explique François Asselineau au Temps. Votre pays est prospère, indépendant, respecté. Il est temps d’en finir avec cette construction communautaire dont les peuples ne veulent plus, et que la majorité des médias défendent envers et contre tout.»

Lire aussi: Diplomatie, l’ombre du renoncement français

A 61 ans, l’ancien candidat à l’Elysée sait pourtant que son très maigre score du premier tour – 0,92%, en neuvième position – de la présidentielle française l’a rangé, pour beaucoup, dans les rangs des «très petits candidats» condamnés aux marges de la politique hexagonale. Lui s’en défend, attribuant l’apparente réticence des Français à voter pour lui… à «l’omerta médiatique» qui verrouille l’Hexagone. «Macron a eu près de 30% du temps de parole dans les médias. Il obtient 24% des voix au premier tour. Donnez-moi autant de place dans les médias pour expliquer le Frexit et vous verrez que mes résultats prendront l’ascenseur», justifie-t-il. Cette discrimination de la part de la presse et de la radio-télévision sera au cœur de ses interventions à Genève vendredi à 15h30 (Uni Mail), à Morges samedi (Romantik Hotel, 14h30) et à Neuchâtel dimanche (salle de la paroisse Notre-Dame, 14h). «La presse helvétique, au moins, me donne la parole. En France, le débat sur l’Union européenne est interdit!»

Les Français ne pensent pas au Frexit parce qu’ils le croient impossible. […] Mais quand je leur explique que c’est tout à fait faisable, leur attention devient maximale

Le Frexit fait-il des progrès dans l’opinion française? On peut en douter, même si le président français lui-même a reconnu en janvier 2018, lors d’un entretien avec la BBC britannique, que le oui à un référendum sur la sortie de l’UE pourrait l’emporter en France. Les pétitions en ligne pour sortir de l’Union n’ont recueilli jusque-là que quelques centaines de signatures. Un sondage de 2016, en pleine campagne pour le Brexit au Royaume-Uni, donnait toutefois 45% des Français en faveur d’une consultation populaire sur la sortie de l’UE. Alors? «Je ne peux pas tenir une réunion publique sans que la question suscite aussitôt un attroupement, affirme ce haut fonctionnaire, inspecteur général des finances, longtemps conseiller dans différents cabinets ministériels. Les Français ne pensent pas au Frexit parce qu’ils le croient impossible. On est dans le domaine du dogme. Mais quand je leur explique que c’est tout à fait faisable, leur attention devient maximale.»

«On cache la vérité aux Français»

En Suisse, les conférences de François Asselineau porteront, entre autres, sur «l’histoire secrète de la construction européenne». Attention, bulldozer! Le très sérieux spécialiste des finances publiques, énarque promotion Léonard de Vinci, fait un lien direct entre les projets de Hitler pour le continent européen et l’actuelle UE! De quoi, sans doute, expliquer le peu d’empressement des médias français à venir recueillir ses confidences et son expertise. La chaîne russe RT, le site Spoutnik ou la télévision française de gauche radicale lui ont ouvert en revanche leurs portes et leurs micros. Convergence souverainiste et ingérence russe? «Je dis à RT ce que je dis au Temps. Le Frexit est la seule solution qui permettra à la France de retrouver son indépendance. Point. On cache la vérité aux Français. Ou, en tout cas, on tue dans l’œuf le débat qui devrait avoir lieu, à moins d’un an des élections européennes. C’est une question de démocratie, vu l’importance des enjeux.» L’argument, en tout cas, n’a pas porté lors des dernières élections législatives: aucun candidat de l’Union populaire républicaine (UPR), le parti présidé par François Asselineau, n’est parvenu au second tour. Et au niveau national, la formation a enregistré dans la France entière 148 734 suffrages, soit 0,67% des votes exprimés…

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