«Chirac lui a tout transmis, sauf sa soif insatiable de conquêtes politiques. Baroin est un héritier. Mais pour déboulonner Macron à partir de la droite, il faut un hussard.» Dans la bouche de ce fin connaisseur du parlement et de la classe politique française, habitué à suivre les campagnes présidentielles caméra au poing, le jugement sonne comme une exécution avant la réunion, à partir de ce vendredi soir, des jeunes du parti Les Républicains à Port-Marly (Yvelines). Une jeunesse de droite pressée de trouver un «présidentiable» pour 2022, afin de barrer la route à Emmanuel Macron, qu’un dernier sondage Elabe crédite de 58% de popularité auprès des électeurs conservateurs.

François Baroin, 55 ans, est maire de Troyes (Aube) et président de l’Association des maires de France, l’un des plus puissants lobbys d’élus de la République. Il fut journaliste à Europe 1, puis avocat. Il est télégénique, avec un air d’éternel jeune premier. Il a été député durant quatre législatures. Il a ensuite migré vers le Sénat, pour finalement retrouver sa ville, interdiction de cumul des mandats oblige. Baroin est, dans les conversations parisiennes, l’un des champions possibles de la droite française face à l’actuel chef de l’Etat. Sauf que ce «fils adoptif» de Jacques Chirac, propulsé à l’avant-scène du pouvoir par l’ancien président après la mort accidentelle de son propre père en 1987, n’est pas considéré comme un combattant prêt à en découdre pour la bataille suprême: celle de l’Elysée.