Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Vendredi, la décision du dirigeant centriste François Bayrou de refuser la trentaine de circonscriptions allouées à ses partisans – au lieu de la centaine initialement envisagée selon lui – a démontré que, malgré la profusion de nouveaux visages,…
© ERIC FEFERBERG / AFP PHOTO

France

François Bayrou, premier piège du quinquennat

A la veille de la passation de pouvoirs à l’Elysée dimanche entre François Hollande et Emmanuel Macron, le clash entre le dirigeant centriste et le président élu en dit long sur les difficultés du prochain quinquennat

Ce samedi, un jour avant l’investiture solennelle d’Emmanuel Macron à l’Elysée prévue dimanche à 10h, tous les candidats de La République en marche! se retrouveront au Musée parisien du Quai Branly pour une première session de formation, avant de se lancer à l’assaut de leurs circonscriptions. Une initiative révélatrice du chemin à parcourir pour être élus le 18 juin, face à leurs adversaires issus des partis politiques traditionnels, à commencer par le Parti socialiste (288 députés sortants) et Les Républicains (198 députés sortants).
Problème: cette première manifestation d’unité, supposée symboliser le renouvellement à venir, a du plomb dans l’aile.

Lire aussi notre éditorial: Légitimité présidentielle et (petits) arrangements électoraux

Vendredi, la décision du dirigeant centriste François Bayrou de refuser la trentaine de circonscriptions allouées à ses partisans – au lieu de la centaine initialement envisagée selon lui – a démontré que, malgré la profusion de nouveaux visages, les vieilles méthodes ont la vie dure. «Que doit-on en déduire, nous qui sommes des novices en politique? s’exclame un candidat parisien, tout juste sorti de la préfecture où il est allé se faire enregistrer. On a promis à nos électeurs du changement, et voilà que Bayrou parle de promesses faites en coulisses et rêve de futures manœuvres parlementaires.»

Lire également: Le roman d’un président

Des sacrifices personnels et professionnels

Les candidats macroniens pur sucre ont des raisons d’être en colère. Pour beaucoup, se lancer dans la bataille politique derrière le nouveau président a demandé des sacrifices professionnels et personnels. Beaucoup d’anonymes, actifs professionnellement, ont dû se mettre en disponibilité pour la campagne. La plupart ont dû prendre de suite contact avec une banque pour contracter un prêt (souvent au Crédit Coopératif, habitué à ces opérations).
Les plus connus, comme l’ancien patron du RAID (l’unité d’élite de la police) Jean-Michel Fauvergue ou la «torera» camarguaise Marie Sara Lambert, ont dû batailler auprès des volontaires locaux de La République en marche!, souvent jeunes, pour se faire accepter.

Consulter notre dossier sur l’élection présidentielle française

Or voilà que François Bayrou, trois fois candidat à la présidentielle (2002,2007 et 2012), s’adresse, lui, directement à Emmanuel Macron (qu’il devait rencontrer vendredi soir) pour imposer ses noms. «Bayrou fait un calcul de boutiquier, s’énervait, dépité, un parlementaire PS sortant rallié à Macron. Il estime que les candidats de son mouvement – le Modem – justifient de déroger à nos engagements de prendre très peu d’anciens élus.»

«Grande lessiveuse du PS»

Plus grave pour la grande majorité des 428 candidats annoncés jeudi (dont 35 issus du Modem): la tonalité anti-socialiste de la colère de Bayrou, qui a qualifié le mouvement macronien de «grande lessiveuse du PS», donnant prise aux arguments de la droite sur le terrain. «Présenter le président comme un homme lige du PS à deux jours de son arrivée à l’Elysée et du départ de François Hollande, c’est alimenter la propagande de nos adversaires», s’énervait, hier, un des porte-parole du vainqueur du 7 mai. Coïncidence frappante: le président sortant a en effet annoncé qu’après avoir transmis dimanche le flambeau à son successeur, il se rendra rue de Solférino, au quartier général du PS dont il fut le premier secrétaire entre 1997 et 2008…

Nos reportages: Demain, quelle France? «Le Temps» raconte les peurs et les espoirs du pays

L’autre équation contiguë, plus compliquée encore, est celle de l’avenir politique de François Bayrou, qui n’est pas candidat aux législatives (il est actuellement maire de Pau et la loi sur le non-cumul empêche de détenir un mandat parlementaire et exécutif) mais veut un rôle de premier plan durant la présidence Macron. Sa colère est-elle donc uniquement liée au fait que le Modem a besoin de 15 députés pour former un groupe politique? Ou à des désaccords plus profonds avec les premiers contours du nouveau gouvernement, à commencer par le nom (pas encore connu) du futur premier ministre?

Dossier
La France en campagne

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a