Alors qu’une tempête politique secoue depuis une semaine la ministre des Affaires étrangères, l’hebdomadaire satirique rappelle dans son édition de mercredi que le premier ministre s’était rendu à la fin de l’année 2010 en famille en vacances en Egypte, à Assouan.

Ce séjour intervenait avant le début du vaste soulèvement populaire anti-Moubarak, à partir du 25 janvier.

C’est lors de ces vacances qu’il s’est rendu pour une excursion à Abou-Simbel, qui abrite deux temples de l’Egypte antique, à bord d’un avion appartenant au président égyptien, poursuit le journal.

Dans un communiqué publié «dans un souci de transparence» avant même la sortie en kiosques de l’hebdomadaire, Matignon apporte plusieurs «précisions» sur ce voyage, effectué «du 26 décembre 2010 au 2 janvier 2011» avec son épouse et ses enfants.

Les usages

«Le premier ministre a été hébergé lors de ce séjour par les autorités égyptiennes. Le premier ministre, toujours à l’invitation des autorités égyptiennes, a emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne pour se rendre d’Assouan à Abou-Simbel où il a visité le temple», indique le texte de Matignon. «Il a également effectué une sortie en bateau sur le Nil dans les mêmes conditions» c’est-à-dire comme invité.

Pour ce qui est du voyage entre Paris et Assouan, c’est «un Falcon 7X» du gouvernement français qui a été utilisé, comme le veut l’usage habituel pour le premier ministre.

«S’agissant d’un déplacement privé, son billet et celui des membres de sa famille lui sont facturés, sur ses deniers personnels, au tarif établi par l’armée de l’air, conformément à la règle qu’il s’est lui-même fixée et qu’il applique à chaque déplacement privé», poursuit le communiqué.

Selon Matignon, l’avion du gouvernement français «est resté stationné sur l’aéroport d’Assouan pendant son séjour, afin, selon les règles de disponibilité applicables aux plus hautes autorités de l’Etat, de permettre un rapatriement sans délai du premier ministre en cas d’urgence».

«Les frais d’hôtel de l’équipage sont supportés par Matignon. Les frais d’hôtel des agents assurant 24 heures sur 24 la sécurité du premier ministre où qu’il aille, sont également pris en charge par Matignon, comme c’est l’usage», précisent encore ses services.

MAM sortie de la zone de danger

Ces révélations surviennent alors que l’opposition exige depuis une semaine la démission de Michèle Alliot-Marie pour avoir utilisé par deux fois l’avion privé d’un ami homme d’affaires tunisien réputé proche du clan Ben Ali, durant des vacances fin 2010.

Elle avait déjà été sévèrement attaquée pour avoir proposé le 11 janvier, trois jours avant la fuite du président tunisien Ben Ali, la coopération sécuritaire de la France à l’ancien régime tunisien. Mais l’éventualité d’un départ de la cheffe de la diplomatie s’est fortement éloignée mardi avec la réaffirmation de la confiance de Nicolas Sarkozy et de son premier ministre.

«Je voudrais dire à Michèle tout mon soutien. Elle a le soutien du président de la République», a assuré François Fillon lors d’une réunion avec des députés de l’UMP à laquelle assistait la ministre.

Lundi, Nicolas Sarkozy avait refusé de commenter depuis Varsovie la situation de sa ministre des Affaires étrangères, ajoutant qu’il aurait l’occasion d’en dire un mot «cette semaine».

Le chef de l’Etat doit participer jeudi soir à l’émission «Paroles de Français» sur TF1.