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Plus de 44% des voix au vainqueur incontesté de la primaire. (AFP)

France

François Fillon vainqueur, Sarkozy battu: le retour de la droite française traditionnelle

L'ancien président français a très vite reconnu sa défaite, affirmant qu'il votera pour François Fillon. Le positionnement du camp conservateur français par rapport à l'extrême-droite d'ici l'élection présidentielle de mai 2017 devient désormais central. Analyse

Le point, à 23h40

  • François Fillon obtient 44,1% des voix.
  • Alain Juppé 28,4.
  • Nicolas Sarkozy 20.7%. Il annonce qu'il votera pour François Fillon au 2e tour.
  • Nathalie Kosciusko-Morizet 2,6%. Elle votera Alain Juppé au 2e tour.
  • Bruno Le Maire 2,4%. Il votera François Fillon au 2e tour.
  • Jean-Frédéric Poisson 1,5%.
  • Jean-François Copé 0,3%.

Ces résultats proviennent de 9138 bureaux de vote sur 10229, représentant 3.738.022 votants.

Disons le tout net: sauf énorme surprise et retournement de situation électorale dans les jours à venir, François Fillon sera le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle française de 2017. La dynamique engendrée par sa très claire victoire au premier tour des primaires, avec plus de 44%, et plus encore le ralliement immédiat de Nicolas Sarkozy, confèrent à l'ancien premier ministre une avance décisive et nette sur Alain Juppé. Sa victoire au second tour dimanche prochain parait dès lors très probable. 

Lire: un duel Fillon-Juppé au 2e tour, après la défaite de Nicolas Sarkozy

La primaire de la droite, inédite pour ce camp politique habitué à suivre un chef, a par conséquent renversé la table. Exit l'ancien chef de l'Etat, candidat de «colère» version Trump. Dur dur pour le «rassembleur» Alain Juppé, défenseur d'une alternance tranquille, ouverte au centre, et soucieux de ne pas brusquer le pays sur le plan économique.

Trois droites

La victoire de François Fillon est au fond celle de trois droites françaises: la droite traditionnelle, catholique, provinciale, bourgeoise, demandeuse d'ordre et de discipline; la droite libérale des entrepreneurs, en particulier ceux des PME, fatigués des excès de bureaucratie et de la pression fiscale tous azimuts; la droite souverainiste enfin, volontiers eurosceptique, héritière de la filiation gaulliste, y compris dans son tropisme pro-russe sur le plan de la diplomatie.

Voir: l'intervention de François Fillon au dernier Forum des 100, à Lausanne.

La question, maintenant, est de savoir si cette triple filiation peut constituer un programme cohérent pour tenir tête à Marine Le Pen. Or la réponse est plutôt oui.

Candidat des zones rurales, l'ancien député de la Sarthe - il est depuis 2012 élu à Paris - a deux avantages à ce stade face à la candidate du Front national. Le premier est d'incarner, lui aussi, le pays réel face aux élites technocratiques et parisiennes. Fillon n'est pas énarque. Il est père de famille nombreuse. Il aime la course automobile. Certes, il a toujours fait de la politique. Mais il n'a pas hérité sa charge, contrairement à la présidente du FN. Il s'est fait auprès de son mentor Philippe Séguin, théoricien de la «fracture sociale». Fillon connait la «France périphérique» délaissée, loin des métropoles. Son épouse est britannique. Il a l'expérience des négociations avec Bruxelles. Il fut jadis opposé à l'introduction de la monnaie unique. Autant de points importants.

Le deuxième avantage de la droite version Fillon est de s'être positionnée nettement sur le terrain des valeurs, autre refrain du Front National. Plutôt que d'abuser, comme Nicolas Sarkozy, de la question identitaire et de la surenchère sécuritaire, François Fillon a martelé la question du «totalitarisme islamique» auquel il vient de consacrer un livre best-seller. On connait aussi son opposition au mariage homosexuel. Vu le poids de l'électorat âgé en France, et la tentation abstentionniste de nombreux jeunes, ce positionnement devrait l'avantager.

Sous Jacques Chirac (1995-2007), dont Alain Juppé fut le premier chef de gouvernement (1995-1997) la droite française s'était très vite résignée à ne plus réformer. Avec Nicolas Sarkozy (2007-2012), elle s'était vue contrainte par la crise financière de renoncer à sa volonté affichée de rupture. François Fillon est le résultat de ces frustrations. Il incarne moins un projet d'avenir qu'une volonté de revanche et de remise intransigeante sur les rails. C'est sa limite. Mais au vu du délabrement de l'actuelle majorité socialiste, et de l'image extrêmement dégradée de François Hollande, ce sillon conservateur «sérieux, calme et puissant» - quelque part entre le Général de Gaulle, Georges Pompidou et Antoine Pinay - a de quoi rassurer une France blessée, inquiète, nostalgique et économiquement en panne. Tel a été, ce dimanche, la clef de son incontestable succès.

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