François Hollande dit qu’il réformera «jusqu’au bout»

France Riposte présidentielle sur TF1

«Jusqu’au bout, je réformerai le pays. Je le répète: je le ferai jusqu’au bout de ces cinq années.» Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que François Hollande, sur le plateau de TF1, réponde à ceux qui s’interrogent sur la seconde moitié de son quinquennat. Après avoir affirmé: «Je ne suis pas devenu président par hasard, parce que j’aurais été tiré au sort.»

Confiant, répétant à plusieurs reprises qu’il a le «cuir tanné», le président français n’a pas esquivé les questions. Surtout les plus intimes. Les accusations lancées par son ex-compagne Valérie Trierweiler sur son prétendu goût pour les grands restaurants et sur sa manière de désigner les plus démunis comme les «sans-dents»? «Vous croyez que c’est cela, ma vie? J’aime les Français, a-t-il répondu, rappelant ses «trente années de tournées électorales corréziennes dans les bistrots». Les photos des paparazzis le montrant casqué, sur son scooter, au pied d’un appartement occupé par l’actrice Julie Gayet? «Est-ce que j’ai souhaité cette photo? Je ne me plains jamais. Ce qui est dur, c’est ce que vivent nos compatriotes.»

Pas masochiste

Question pour question. A la fois ferme et ouvert aux critiques: «Je suis un être normal. Je ne suis pas masochiste. Mais je suis aussi président. On me reproche même de manger des frites. C’est cette vulgarité que je refuse […]. Je fais ce que les Corréziens m’ont souvent conseillé: je me cramponne.»

Préparée avec le plus grand soin par les communicants de l’Elysée, destinée autant à répondre à l’impopularité record de François Hollande qu’à réaffirmer son autorité présidentielle sur le premier ministre, Manuel Valls, l’émission l’a plutôt montré pugnace, précis, attentif. Surtout face aux quatre Français venus l’interroger, notamment une femme en situation difficile, proche de la retraite, dont les ressources plafonnent à 500 euros par mois, et une cheffe d’entreprise «mondialisée», prompte à dénoncer les dérives du modèle social français. Bien au fait des allocations disponibles, encourageant les entrepreneurs à employer davantage les «seniors», réaffirmant le besoin pour la France d’avoir des entreprises, le locataire de l’Elysée a défendu sa politique en traçant une ligne rouge pour 2017: celle de l’inversion de la courbe du chômage «qu’il se reproche d’avoir promise pour la fin 2013». «Si je n’y parviens pas, si le chômage ne baisse pas, vous croyez que je me représenterai devant les électeurs?»

Difficile, par contre, d’y voir clair, du moins en début d’émission, sur la nature des réformes auxquelles le président s’est dit tant attaché. Pas d’annonces radicales sur le plan économique. Pas de rupture. Bon dans le registre de la compréhension, habile dans la repartie, François Hollande n’avait, après quarante minutes devant la caméra, pas apporté de réponse à l’interrogation centrale: suffit-il de prétendre être à l’écoute des Français pour faire changer la France?