Voilà François Hollande une nouvelle fois éclaboussé par les rebondissements de l’autre affaire DSK, celle qui se déroule en France et concerne l’écrivaine Tristane Banon, aujourd’hui âgée de 32 ans. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle sera entendu comme témoin par les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance contre la personne début septembre, révèle Le Figaro de mardi.

Crédibilité des allégations

Depuis que la jeune femme a déposé plainte, début juillet, contre Dominique Strauss-Kahn, une enquête préliminaire a été ouverte pour vérifier la crédibilité de ses allégations et décider de la suite à leur donner. L’écrivaine accuse l’ex-patron du FMI d’avoir tenté de la violer en 2003, dans un appartement parisien, au cours d’une interview qu’elle effectuait pour son livre Erreurs avouées.

De nombreuses personnes – des proches, des responsables politiques ou médiatiques auxquels la fille ou la mère se seraient confiées – ont été auditionnées ces derniers jours. Parmi elles, la mère de Tristane Banon, Anne Mansouret, conseillère générale de l’Eure et conseillère régionale socialiste de Haute-Normandie, qui à l’époque, avait déconseillé à sa fille de porter plainte. Camille, la fille de Dominique Strauss-Kahn qui vit actuellement à New York et que l’on a vu arriver au tribunal au bras d’Anne Sinclair, a également été entendue. En 2003, elle était l’amie de Tristane Banon, qui lui aurait raconté son agression. La mère de Camille enfin, Brigitte Guillemette, ex-épouse de DSK et marraine de Tristane Banon, a également témoigné et réfuté un certain nombre d’accusations, a-t-elle fait savoir. Cette liste illustre l’incroyable imbroglio de ce dossier, mêlant liens politiques, familiaux et amicaux.

Sur le plan politique, l’audition de François Hollande, prévue en septembre, tombe à un moment délicat pour celui qui se voit en candidat à la présidentielle: la campagne battra alors son plein, avant le premier tour de la primaire prévu le 9 octobre. Hier matin, l’ex strauss-kahnien Pierre Moscovici, propulsé coordinateur de la campagne de François Hollande, a défendu son nouvel allié, martelant qu’il «n’est en rien lié à cette affaire». Le Corrézien est pourtant sur le gril. A l’époque, il était premier secrétaire du PS et la mère de Tristane Banon affirme lui avoir raconté les faits.

Un «incident»

François Hollande reconnaît avoir parlé avec Anne Mansouret d’un «incident» que sa fille aurait eu avec l’ancien patron du FMI. Mais «elle ne m’avait donné aucun détail, ni demandé quoi que ce soit, et je lui avais répondu que la meilleure solution était que, si sa fille avait eu un problème, le mieux était qu’elle en parle à la police», se défend François Hollande dans Le Monde du 20 juillet.

L’ex-premier secrétaire n’est pas le seul à dénier les propos des deux femmes. Le principal protagoniste de l’affaire, Dominique Strauss-Kahn a déposé plainte à Paris pour dénonciation calomnieuse contre Tristane Banon. Il donne sa version des faits dans Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn, une biographie dans laquelle les allégations de l’écrivaine sont qualifiées «d’imaginaires». Selon le site du Parisien, son ex-femme, Brigitte Guillemette, va de son côté porter plainte pour diffamation contre Anne Mansouret.

Malgré cette guérilla judiciaire, l’économiste n’est pas près d’en finir avec ce dossier. Le site du magazine L’Express relate la longue audition d’Anne Mansouret à la police, durant laquelle elle a fait part de nouveaux secrets. La mère de l’écrivaine aurait confié avoir eu une relation sexuelle «consentie mais clairement brutale» avec l’ex-patron du FMI, en 2000. Toujours selon L’Express, l’élue socialiste décrit Dominique Strauss-Kahn non comme un «séducteur invétéré», mais comme «un prédateur» cherchant à dominer sa proie.