Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
François Hollande, à l'émission Débats citoyens.
© STEPHANE DE SAKUTIN

France

François Hollande face à un mur d'incompréhension

Devant le scepticisme des citoyens qui l'interrogeaient en direct, le président français n'a apporté qu'une information jeudi soir sur le plateau de France 2: il annoncera en fin d'année s'il se représente ou non

«Je prendrai ma décision en fin d’année»: il aura fallu attendre la fin de l’intervention télévisée de François Hollande face à quatre citoyens désabusés et apparemment peu enclins à le croire pour qu’une information fasse enfin irruption dans une émission largement consacrée à des explications toujours aussi peu audibles.

C’est donc fin 2016, soit sans doute à l’issue de la primaire présidentielle de la droite les 20 et 27 novembre, que le locataire de l’Elysée dira s’il se représente, ou non, en mai 2017, pour un second quinquennat. Une décision qu’il a de nouveau liée à la situation sur le front du chômage, sans toutefois parler cette fois de «l’inversion de la courbe» des demandeurs d’emploi, comme il l’avait fait précédemment. A l’évidence, l’habile politicien que n’a jamais cessé d’être le chef de l’Etat français attend de savoir qui sera le candidat du camp conservateur, avec sans doute une préférence pour celui qu’il aimerait retrouver en duel: son prédécesseur Nicolas Sarkozy, plus clivant que l’actuel favori des sondages, l’ancien premier ministre Alain Juppé.

Des sondages calamiteux

Le reste de cette émission d’une heure et demie face à quatre Français bien peu enclins à lui laisser la parole et à lui faire confiance? L’impression d’un mur d’incompréhension, malgré les efforts de pédagogie et d’explications d’un président à qui ses interlocuteurs n’ont pas hésité à couper plusieurs fois la parole, voire à ironiser sur ses promesses de campagne en mimant sa fameuse tirade télévisée: «Vous candidat, vous aviez promis… Vous candidat, vous affirmiez…»

Résultat? Un plaidoyer sur l’amélioration de l’état de la France – «Oui, cela va mieux. Plus de croissance, moins de déficits, moins d’impôts, plus de marge pour les entreprises…», qui semble n’avoir guère convaincu. L’annonce attendue du maintien du projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail – «la loi ne sera pas retirée» – et une réaffirmation presque devenue banale de sa volonté réformatrice – «je réformerai tous les jours jusqu’à la fin de mon mandat» – tant la marge de manœuvre de l’actuel gouvernement paraît étroite. Une prestation guère de nature à infléchir le sentiment général résumé jeudi par un sondage Odoxa pour France Info, 13% seulement des personnes interrogées disent encore faire confiance à François Hollande, et 76% ne souhaitent pas qu’il se représente, 82% jugeant qu’il ne peut, de toute façon, plus rien faire d’autre que de prendre des mesures «électoralistes» ou «gérer les affaires courantes»…

Fait surprenant, trois semaines après les attentats du 22 mars à Bruxelles, le président français n’a pas tenté de se draper dans une posture sécuritaire, y compris lors de sa confrontation avec Véronique Roy, mère d’un jeune djihadiste tué en Syrie en janvier. Il a au contraire reconnu l’ampleur du problème qui demeure, citant le chiffre de 170 jeunes Français morts dans les territoires contrôlés par l’Etat islamique, où 600 autres continuent de se trouver, dont 200 filles. Neuf mille cas de radicalisation auraient par ailleurs été signalés au numéro vert «Stop Djihadisme» mis en place par le gouvernement. François Hollande n’en a pas moins affirmé qu’il n’y aurait pas de projet de loi interdisant le voile islamique à l’université, comme l’avait laissé entendre son premier ministre Manuel Valls.

Des engagements à réformer peu convaincants

Bousculé par un électeur du Front national sur la question des migrants et de la baisse de revenu moyen des Français dans les zones défavorisées comme le Nord-Pas de Calais, le président français est, tout au long de l’émission, apparu sur la défensive. Sauf, peut-être, sur le terrain de la tactique en recadrant son ministre de l’Economie Emmanuel Macron, désormais à la tête de son mouvement «En Marche»: «Il sait ce qu’il me doit. C’est une question de loyauté personnelle et de loyauté politique» a-t-il asséné, sans toutefois commenter la rupture porteuse de changement de l’intéressé.

Durer en attendant de pouvoir, ou non, se porter candidat: tel semblait hier le mot d’ordre du locataire de l’Elysée qui a dit «ne pas être indifférent» et «vivre avec la tragédie», sans convaincre qu’il avait les moyens, ou l’ambition, de faire plus que de calmer le jeu. Et tenir vaille que vaille sa majorité parlementaire tenaillée par l’idée de primaires à gauche, jusqu’à son annonce de fin d’année pour la future course présidentielle.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a