François Hollande a entamé une visite officielle de 37 heures en Chine. «Je veux rééquilibrer le commerce extérieur», a souligné le président français en ouvrant sa visite à Pékin par une rencontre avec la soixantaine de patrons qui l’accompagnent et la visite d’une usine construite quatre ans plus tôt dans la capitale chinoise par une entreprise française, Bernard Controls.

Cette ETI (entreprise de taille intermédiaire), qui fabrique des équipements destinés à l’industrie nucléaire, pétrolière ou gazière, est l’exemple même des entreprises dont la France entend promouvoir la présence sur les marchés extérieurs. PME et ETI font déjà la force de l’économie allemande.

Mais le chef de l’Etat français entend aussi «évoquer» avec la nouvelle direction chinoise, entrée en fonction il y a cinq semaines, «les droits de l’Homme, les tensions régionales, l’environnement et le réchauffement climatique». Pour François Hollande, il «n’est pas acceptable» que le commerce extérieur français accuse «26 milliards (d’euros) de déficit commercial (avec la Chine) et ceci depuis plusieurs années».

Ouverture du marché aux entreprises françaises

Le président français plaidera ainsi auprès de son nouvel homologue chinois Xi Jinping en faveur d’une ouverture du marché chinois aux entreprises françaises. «Je vais m’efforcer de convaincre les autorités de le faire», a-t-il assuré.

Le volet politique de la visite a commencé avec l’accueil solennel dans l’après-midi du président français par Xi Jinping sur le parvis du Palais du Peuple donnant sur la place Tiananmen, au cœur de Pékin, accompagné des 21 coups de canon réglementaires.

Les deux hommes ont passé en revue la garde d’honneur avant de prendre place sous un dais de velours rouge sur le parvis, avec à leurs côtés la première dame chinoise, la chanteuse populaire Peng Liyuan, qui a rang de général dans l’armée, et Valérie Trierweiler, compagne du président français. François Hollande est le premier dirigeant occidental reçu à Pékin en visite d’Etat depuis l’arrivée de la nouvelle direction chinoise à la tête de l’Etat.

Nouer des liens avec le nouveau gouvernement chinois

Celle-ci entend ainsi souligner l’étroitesse du lien qui unit les deux capitales – en dépit des aléas de la relation et des crispations autour de la question des droits de l’Homme – depuis que la France du général de Gaulle a, la première parmi les grandes nations, reconnu la République populaire de Chine, le 27 janvier 1964.

Dès jeudi, les deux dirigeants se verront pendant près de cinq heures, au cours d’entretiens «restreints» et «élargis», d’une déclaration conjointe, d’interventions devant un forum économique et d’un dîner d’Etat.

Il s’agit de nouer un «lien personnel» et une «relation de confiance entre eux», explique-t-on de source française, précisant que la partie chinoise a tenu à ajouter à ce programme un déjeuner qui réunira les deux couples présidentiels vendredi. François Hollande, qui est accompagné de huit ministres, s’envolera ensuite pour Shanghai, la capitale économique de la Chine. Fait sans précédent, le numéro un chinois participera aussi jeudi à un forum de chefs d’entreprise des deux pays.

Déficit commercial abyssal

Le déficit commercial de la France à l’égard de la Chine est abyssal. Plombant les résultats du commerce extérieur, il s’est encore élevé l’an dernier à près de 26 milliards d’euros, soit 40% environ du déficit global.

L’Elysée entend «redresser la barre». Plusieurs accords et quelques contrats pourraient être conclus lors de cette visite. De nouvelles commandes d’Airbus A320 et de long-courriers sont attendues. Dans le nucléaire civil, deux lettres d’intention seront vraisemblablement signées, portant sur la construction d’un centre de retraitement des déchets similaire à celui de La Hague (ouest de la France) ainsi qu’une nouvelle tranche de deux réacteurs EPR à Taishan (sud).

D’autres accords ou contrats pourraient être parachevés dans des secteurs qui reflètent l’évolution du mode de vie chinois: le développement urbain durable, l’agroalimentaire, la santé ou l’économie numérique.

En abordant la question des droits de l’Homme, François Hollande le fera «avec le souci de l’efficacité et sans esprit de provocation», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la veille de la visite. Au chapitre diplomatique, le président français compte interroger son homologue chinois sur son analyse du regain de tension dans la péninsule coréenne, Pékin restant le principal allié de Pyongyang.