France

François Hollande, du président normal à l’hypoprésident

Le président français, comme le premier ministre, connaissent une chute brutale de popularité. Le défi? parvenir à convaincre qu’ils sont à la barre et qu’ils agissent pour sortir la France de la crise

«Hollande, secoue-toi, il y a le feu!» Ce n’est pas l’UMP qui tempête ainsi. Inscrite sur un lugubre fond noir, cette injonction couvre la une du dernier numéro de Marianne, un magazine qui fut viscéralement antisarkozyste. «Le changement, c’est pour quand?» Ce détournement du slogan de campagne de François Hollande n’émane pas plus de l’opposition. Des syndicalistes en colère ont interpellé ainsi le chef de l’Etat lors de son déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne, la semaine dernière. Depuis la rentrée politique, le mécontentement gronde en France. L’exécutif riposte par la pédagogie et l’accélération du rythme des réformes. Invité dimanche prochain au journal de 20 heures, le président de la République tentera également de désamorcer les critiques de mollesse et d’inaction.

Une baisse de 11 points par rapport à juillet. La chute brutale de popularité enregistrée par François Hollande dans le baromètre Ipsos du mois d’août a ­secoué l’exécutif. Seuls 44% des Français interrogés portent un jugement favorable sur l’action du chef de l’Etat. A pareille époque il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy enregistrait aussi une baisse de popularité (–5 points), mais il cumulait encore 61% d’opinions favorables.

Et François Hollande n’est pas seul en cause. Jean-Marc Ayrault, le chef du gouvernement, fait aussi l’objet de sarcasmes sur son manque de charisme et d’envergure et son incapacité à tenir ses ministres, qui se contredisent sans cesse sur la place publique. L’organisation du pouvoir entre les deux têtes de l’exécutif pose encore problème. François Hollande n’étant plus un «hyperprésident», il lui faut un chef du gouvernement plus présent. Or l’ancien maire de Nantes, qui n’avait jamais occupé de fonctions ministérielles, peine encore à s’imposer.

L’ombre de l’ancien chef de l’Etat plane sur la France. «Et si Sarkozy avait eu raison?» s’interrogeait L’Express mercredi. Pour couper court au procès en immobilisme, l’exécutif s’active. Puisque c’est la rentrée, il va faire de «la pédagogie» sur son action. Jean-Marc Ayrault multiplie les déplacements et les discours, comme devant le Medef, pour expliquer le sens des réformes. François Hollande, accaparé par les problèmes européens et internationaux, revient davantage sur la scène nationale. Le chef de l’Etat a aussi exigé d’accélérer la mise en œuvre des réformes concernant l’emploi, avec le contrat de génération, et le soutien aux PME, par la création de la banque publique d’investissement. La session extraordinaire du parlement a été avancée pour traiter plus rapidement des emplois d’avenir en faveur des jeunes et de la construction de logements sociaux. Avec ces ambitions: montrer que la majorité agit et éviter que s’installe le sobriquet d’«hypoprésident».

Seuls 44% des Français interrogés portent un jugement favorable sur l’action du chef de l’Etat

Montrer que la majorité agit pour éviter désormais que s’installe le sobriquet «d’hypoprésident»

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