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François Hollande n'a pas vraiment déçu, les attentes étant faibles.
© STEPHANE DE SAKUTIN/POOL

France

François Hollande, un président toujours plus inaudible

Sur France 2, le locataire de l’Elysée n’est guère parvenu à dissiper les doutes des 76% de Français qui ne souhaitent pas le voir se représenter

«Je veux insister sur ce qui va mieux, car oui, la France va mieux: plus de croissance, moins de déficit, moins d’impôts, plus de marge pour les entreprises…» Difficile de croire, à l’écoute du premier tiers de l’intervention de François Hollande sur France 2 jeudi soir, que son message a été entendu. Dès sa première confrontation en direct avec une cheffe d’entreprise, le président français n’a pas réussi à sortir de la confusion ambiante, dans le débat compliqué sur le projet de réforme du code du travail défendu par la ministre du travail Myriam El Khomri. Difficile, aussi, de penser que son rappel des 75 000 postes créés dans l’éducation depuis le début du quinquennat soit de nature à satisfaire une jeunesse dont le chef de l’état a jugé «légitimes» les revendications illustrées par le mouvement «Nuit Debout», dont les rassemblements nocturnes continuent d’essaimer, ponctués hier par de nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre.

Coté actualité, l’intervention présidentielle a d’abord servi à recadrer le débat sur la loi El Khomri. «J’essaie de trouver le bon équilibre. Nous l’avons corrigé car cela était nécessaire. Mais cette loi ne sera pas retirée», a expliqué François Hollande, en répétant qu’il continuera à «réformer tous les jours et jusqu’au bout de son mandat». Pas de retrait donc, et l’assurance d’une poursuite de la confrontation sociale avec les mouvements de jeunes et les syndicats CGT et Force ouvrière, résolument opposés au texte.

Ceci, malgré le risque d’une contagion sociale dans une France toujours effervescente et surtout peu convaincue par l’actuel exécutif: selon un sondage Odoxa réalisé pour France-Info et rendu public juste avant l’intervention présidentielle, 76% des Français ne souhaitent pas que François Hollande se représente, et sept sur dix n’envisageaient d’ailleurs pas l’écouter, démontrant le manque de crédibilité de la parole présidentielle à un an des élections présidentielle et législatives de mai 2017. Pire: 83% des personnes interrogées affirment être convaincues que le chef de l’Etat ne peut désormais plus prendre que des mesures «électoralistes», ou qu’il se contentera de «gérer les affaires courantes».

Mai 2017 justement. Quid des intentions de François Hollande à l’heure où les appels à une primaire présidentielle à gauche sont de plus en plus nombreux, et où le Parti socialiste en a, le 9 avril, accepté le principe? Quid de son opinion sur les chances du mouvement «En Marche» lancé par Emmanuel Macron? A l’heure d’écrire ces lignes, le président français ne s’était pas encore prononcé.

L’essentiel de son discours, sans surprise, a consisté – après avoir réaffirmé au passage sa décision de fermer prochainement la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, sans toutefois s’engager sur une date – à réaffirmer sa position régalienne et la nécessité de protéger les Français face à la menace terroriste. Interrogé par Véronique Roy-Burin – mère d’un jeune djihadiste mort en Syrie en janvier dernier – sur les initiatives prises pour endiguer le flot des «prêcheurs de la haine», François Hollande a confirmé de nouveaux chiffres inquiétants: 160 jeunes Français sont à ce jour morts dans les zones contrôlées par l’Etat islamique, et 600 militent dans les rangs de l’organisation, dont 200 jeunes filles.

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