Justice

Fraude fiscale: Jérôme Cahuzac sera fixé sur son sort en décembre

Le procès de l’ancien ministre français du Budget s’est terminé ce jeudi. Le parquet a requis de la prison ferme contre les anciens époux Cahuzac. Le tribunal rendra sa décision le 8 décembre

L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, jugé pour fraude fiscale et blanchiment, sera fixé sur son sort le 8 décembre prochain, quatre ans après avoir déclenché le plus retentissant scandale du quinquennat, a annoncé jeudi le président de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

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A l’issue de deux semaines de procès, le parquet a requis de la prison ferme contre les anciens époux Cahuzac, pour «une vie familiale enracinée dans la fraude»: trois ans ferme contre l’ancien élu et deux ans contre la dermatologue. Du sursis a été demandé pour le banquier et l’intermédiaire accusés d’avoir «organisé l’opacité» des avoirs.

Montages sophistiqués

Au fil des jours, sur la piste de l’argent, les Cahuzac ont dû révéler leurs secrets bancaires: des comptes en Suisse, à l’île de Man. Des montages sophistiqués pour mieux dissimuler les avoirs quand le député est promis à un avenir politique plus élevé, et des chèques blanchis sur les comptes de la mère du chirurgien.

L’avocat de Patricia Cahuzac a décrit une femme blessée qui a basculé dans la fraude «au fil de l’eau», «sans intention de se cacher du fisc», par amour ou par dépit, glissant dans une «spirale» infernale.

Ceux de Jérôme Cahuzac ont défendu l'«hypothèse d’un trésor» du courant rocardien, qui explique la faute originelle de l’ouverture d’un premier compte en Suisse en 1992. Puis se sont attachés à dresser le portrait d’un homme enferré dans la dénégation «pour protéger» ceux qui lui avaient fait confiance: les électeurs, sa famille politique, le président.

«L’autre Jérôme Cahuzac»

Son avocat et ami Jean-Alain Michel a parlé de «l’autre Jérôme Cahuzac», le jeune médecin qui «a corédigé la loi Evin et peut-être sauvé des milliers de vies», le député bataillant pour la Sécurité sociale, le camarade ne laissant jamais tomber un ami.

Quel sens aurait la prison pour cet homme, qui ne représente aucun danger pour la société, et qui a déjà payé? «C’est un banni, un exilé de force», a dit Jean Veil, assurant n’avoir «aucune envie que (ses) impôts servent à entretenir Jérôme Cahuzac».


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