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Federica Mogherini, lors d’une conférence avec Cuba à Bruxelles, le 15 mai./REUTERS/François Lenoir
© FRANCOIS LENOIR

Nucléaire

Pour Frederica Mogherini, «il n’y a pas de solution alternative» à l’accord avec l’Iran

La cheffe de la diplomatie européenne répondait à Mike Pompeo, qui a présenté la «nouvelle stratégie» américaine, émettant 12 conditions en vue d’un «nouvel accord» nucléaire avec l’Iran

L’Union européenne attendait le discours de Mike Pompeo. Or le secrétaire d’Etat américain, connu pour sa ligne dure, ne leur a pas vraiment tendu la main. Il a réclamé le «soutien» des alliés des Etats-Unis à sa stratégie – imposer à l’Iran les sanctions «les plus fortes de l’Histoire» – et, tout en reconnaissant les difficultés des entreprises européennes, il a prévenu: celles qui conserveront des investissements dans des secteurs iraniens interdits par les sanctions américaines «seront tenues responsables».

«Le discours du secrétaire (d’Etat) Pompeo n’a démontré en rien comment le fait de se retirer du Plan d’action conjoint (JCPOA, le nom officiel de l’accord nucléaire iranien) avait rendu ou rendrait la région plus sûre de la menace de prolifération nucléaire ou comment il nous placerait dans une meilleure position pour influencer la conduite de l’Iran dans des domaines en dehors de la portée du JCPOA», a répondu Frederica Mogherini, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, dans un communiqué.

Lire aussi: Les Européens et l’Iran s’engagent à sauver l’accord nucléaire

«Il n’y a pas de solution alternative» à l’accord sur le nucléaire, a réaffirmé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. «L’Union européenne est et restera engagée en faveur de la poursuite de la mise en œuvre complète et effective du JCPOA aussi longtemps que l’Iran respectera tous ses engagements liés au nucléaire, comme il le fait jusqu’à présent.»

Depuis Buenos Aires, où il participait à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a annoncé lundi qu’il se rendrait cette semaine à Washington pour s’entretenir avec Mike Pompeo.

«L’idée d’un traité iranien géant me semble très difficile», a prévenu son homologue britannique Boris Johnson. Israël, premier soutien des Etats-Unis face à l’Iran, a en revanche salué la position «ferme» et «juste» de l’administration Trump.

Un changement de régime

Mike Pompeo a présenté lundi la «nouvelle stratégie» des Etats-Unis après la décision très contestée du président Donald Trump de se retirer unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien. Il a ainsi énuméré douze conditions pour conclure un «nouvel accord» avec l’Iran, avec des demandes beaucoup plus draconiennes sur le volet nucléaire, la fin de la prolifération balistique et de l’implication iranienne dans les conflits au Moyen-Orient.

«Qui êtes-vous pour décider pour l’Iran et le monde? L’époque de telles déclarations est révolue», a réagi le président iranien Hassan Rohani – un modéré que le ministre américain a tenu à mettre, dans son discours, sur le même plan que les durs du régime.

Lire aussi: Washington menace l’Iran de sanctions «sans précédent» s’il n’accepte pas ses conditions

«En échange de changements majeurs en Iran» sur ces douze points, les Etats-Unis sont prêts à lever, à terme, leurs sanctions et à «rétablir l’ensemble des relations diplomatiques et commerciales», a assuré le secrétaire d’Etat américain. «Au bout du compte, le peuple iranien devra faire un choix sur ses dirigeants», a-t-il lancé.

Ces derniers propos «soulignent à quel point la stratégie américaine est explicitement celle d’un changement de régime», a commenté Suzanne Maloney, chercheuse à la Brookings Institution.

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