Un collectif de citoyens tessinois a adressé une lettre ouverte au conseiller fédéral Ignazio Cassis pour défendre Pierre Krähenbühl, ancien commissaire général de l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens. Le Genevois, qui a démissionné en novembre 2019, était mis en cause pour mauvaise gestion et abus de pouvoir.

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La cinquantaine de signataires, déterminée à laver l’honneur de Pierre Krähenbühl, estime que «toute l’affaire semblait être habilement construite pour attaquer, au niveau de sa crédibilité personnelle, une personne qui avait le courage et le mérite d’œuvrer pour défendre les droits des réfugiés palestiniens.» Leur jugement repose sur les conclusions d’une enquête interne de l’ONU révélées en partie en décembre dans l’émission Temps présent de la RTS. Selon Carlo Sommaruga, conseiller aux Etats (PS/GE) et membre de la Commission de politique extérieure, ce document confidentiel confirme qu’il n’y a eu «ni malversation, ni enrichissement personnel, ni favoritisme, ni relations personnelles ou népotisme. Il n’y a rien.»

«Pression politique»

Une lecture de l’affaire qui dédouane Pierre Krähenbühl. Selon le premier rapport de l’UNRWA, l’ancien responsable aurait noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale. Les enquêteurs de l’ONU n’ont toutefois trouvé aucune preuve en ce sens, indiquait la RTS. «Son propre ministre et son propre pays l’ont abandonné et l’ont «poignardé dans le dos» sans attendre les conclusions de l’enquête menée contre lui», tranchent les signataires. Le collectif dénonce les «actions» du Département fédéral des affaires étrangères et d’Ignazio Cassis, en s’attardant notamment sur un épisode qui remonte à mai 2018. En voyage en Jordanie, le chef de la diplomatie suisse s’était alors posé la question, devant des journalistes, de savoir si «l’UNRWA fait partie de la solution ou du problème au Moyen-Orient».

Une sortie médiatique qui équivalait à «une pression politique évidente sur le haut fonctionnaire suisse», selon le collectif qui appelle le Conseil fédéral à prendre position sur cette affaire pour soutenir la mission de l’UNRWA et réhabiliter Pierre Krähenbühl «et ce, malgré d’éventuelles lacunes dans la gestion interne de l’agence, qu’il a lui-même reconnues dans l’émission de la RTS»: «Une déclaration du chef du Ministère des affaires étrangères aurait dû être rendue publique. Cela ne s’est pas produit jusqu’à présent. Nous considérons qu’il s’agit d’une question sérieuse.» Contacté en décembre, le Département fédéral des affaires étrangères avait refusé de commenter les conclusions du rapport de l’ONU. Les auteurs de la lettre demandent qu’il soit désormais rendu public.