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Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan réunis à Villepinte, le 1er mai 2017.
© Reuters

France

Au Front national, un 1er mai pour enclencher l'assaut final

Marine Le Pen a réuni ses soutiens à Villepinte pour un dernier grand meeting. Un rassemblement fixé à la date symbolique du 1er mai. Son père, Jean-Marie Le Pen, regroupait ses fidèles soutiens au pied de la statue de Jeanne d'Arc

Une réunion de famille à distance pour fêter le 1er mai. Marine Le Pen a tenu ce lundi son dernier grand meeting de campagne avant le second tour de la présidentielle, alors que son père, Jean-Marie Le Pen a prononcé son traditionnel discours au pied de la statue de Jeanne d’Arc, à Paris.

La candidate d’extrême droite a convié ses partisans à Villepinte, dans la banlieue nord de Paris. Son nouvel allié, Nicolas Dupont-Aignan, était également présent. Le souverainiste a rappelé son soutien à la candidate du Front national sous les acclamations des militants. «La réconciliation de ceux qui croient en la France est amorcée. Marine Le Pen a fait la preuve de sa capacité à devenir une grande présidente de rassemblement», a-t-il déclaré.

Le président du mouvement Debout la France a également insisté sur sa «méthode», lui qui sera nommé premier ministre en cas de victoire du FN. Avant de conclure: «Dites non à la petite France d’Emmanuel Macron, dites oui à la France forte, juste et libre de Marine Le Pen!»

Consulternotre dossier sur l’élection présidentielle française.

«Premier gros ralliement»

Ce nouveau soutien fait le bonheur des cadres du parti d’extrême droite. Le vice-président du Front national, Florian Philippot, s’en est félicité devant les journalistes: «C’est bien que la famille s’élargisse.» Selon l’équipe de campagne, 25 000 personnes se sont amassées dans le grand hall du parc des expositions pour saluer ce nouveau soutien. Malgré cette séquence politique réussie, et les chiffres avancés par l’organisation, la salle était loin d’être pleine.

Les supporters présents ont toutefois salué l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, qui a obtenu 4,7% des suffrages exprimés au premier tour. «La stratégie d’ouverture vis-à-vis des patriotes est tout à fait positive. C’est le premier gros ralliement, et il pourrait y en avoir d’autres», espère Alain Breuil, 58 ans, conseiller municipal à Grenoble.

Journalistes bloqués

Arrivée sur scène sous les applaudissements, Marine Le Pen a débuté son discours avec un hommage appuyé à Nicolas Dupont-Aignan. Elle a salué son «courage» et son «sens du devoir» avant de citer les noms de Christine Boutin et Marie-France Garaud qui ont également appelé à voter en sa faveur. Ses ralliements suffiront-ils pour battre l’adversaire Emmanuel Macron?

Malgré les «on va gagner!» entendus dans la salle, les militants ne semblent pas vraiment croire en la victoire le 7 mai prochain. «On devrait faire un très bon score au second tour mais, à mon avis, ces soutiens ne seront pas suffisants. Tout se jouera au troisième tour avec les élections législatives», estime Alain Breuil, qui sera candidat en Isère. Un discours que le Front national semble vouloir éviter. L’équipe de campagne a interdit aux médias, notamment Le Monde, d’interroger des militants. Les journalistes ont dû se contenter de l’espace réservé à la presse, sous peine de perdre leur accréditation.

«Ce sera très serré»

«Dimanche, ce sera très serré. Mais on a enclenché une très bonne dynamique pour nos candidats aux législatives. Ce sera le grand coup de tonnerre», prédit Loup Mautin, interrogé à l’entrée de la salle. Militant au Front national «depuis 25 ans», cet agriculteur normand a déjà défendu les couleurs du parti lors de précédents scrutins.

Killian Rebillon vote, lui, pour la première fois à une élection présidentielle. Âgé de 19 ans, il a donné sa voix au parti d’extrême droite. «C’est une bonne chose d’avoir de nouveaux alliés mais les électeurs de Nicolas Dupont-Aignan ne voteront pas tous pour Marine Le Pen. On verra dimanche mais je pense que ce sera sans doute comme en 2002 avec la défaite au second tour de Jean-Marie Le Pen», regrette ce pompier volontaire. L’ombre du père planait au-dessus de ce meeting.

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Discours redouté du père

Le président d’honneur du Front national a en effet rassemblé ses fidèles soutiens à son traditionnel rassemblement du 1er mai, au cœur de Paris. Quelque 300 personnes ont assisté à son discours devant la Statue de Jeanne d’Arc. Le «menhir» avait promis un discours offensif à l’encontre d’Emmanuel Macron qu’il décrit comme un «bobo de gauche», un «candidat du système» et, enfin, un «Hollande bis». «Il nous parle d’avenir, mais il n’a pas d’enfant», a tonné Jean-Marie Le Pen, costume rouge et béret noir.

Cela fait deux ans que Marine Le Pen et son père ne célèbrent plus cette journée ensemble. L’entourage de la prétendante à l'Elysée espérait un discours sans dérapages pour ne pas perturber la campagne, et faire retomber le parti dans ses vieux travers. Signe de cette volonté, ou du hasard, le micro de Jean-Marie Le Pen s’est coupé en plein discours. «C’est un sabotage de la Marine, elle ne veut pas que son père parle», plaisante un porte-drapeau posté au pied de l’estrade. Jean-Marie Le Pen a tout de même eu un mot pour la candidate du FN. «C’est une fille de France, ce n’est pas Jeanne d’Arc, mais elle accepte la mission», a-t-il affirmé, sans grand enthousiasme.

A ce propos: Le Front national est rattrapé par ses vieux démons

S’ils ont choisi de célébrer la fête du travail avec le patriarche, les militants présents n’oublient pas la candidate du Front national. «C’est d’autant plus important d’être présent au rassemblement cette année car il faut soutenir Marine Le Pen. Certains veulent faire croire qu’elle est une extrémiste. Il faudrait qu’ils révisent leurs cours d’Histoire!», lance Franck Picard, 53 ans. Venu du «centre de la France», cet autoentrepreneur croit en la victoire: «Les Français ne sont pas dupes. Emmanuel Macron est un ballon de baudruche qui va se dégonfler.»

Dans le sprint final, Marine Le Pen donne le tempo mais son rival compte bien riposter. Objectif: ne pas céder de terrain pour maintenir l’écart. Emmanuel Macron rêvait d’un rassemblement à l’extérieur pour ne pas «laisser le pavé parisien au FN». Le fondateur du mouvement En Marche! tiendra finalement un meeting dans une salle à la Villette dans l’après-midi.

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