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Marine Le Pen doit choisir entre deux options pour espérer, sinon battre Emmanuel Macron donné hyperfavori par les sondages
© Aurelien Meunier / Getty Images

France

Pour le Front national, une présidentielle quitte ou double

Marine Le Pen veut «fédérer les colères» pour éviter d’être trop distancée par Emmanuel Macron le 7 mai

Marine Le Pen mettra le cap au sud cette semaine pour relancer sa campagne présidentielle. C’est à Nice que la candidate du Front national tiendra jeudi soir son premier grand meeting d’après premier tour. Elle conviera à nouveau ses sympathisants le 1er mai à Villepinte, au nord de Paris.

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La date est symbolique. Chaque 1er mai, le Front national célèbre Jeanne d’Arc et son fondateur, Jean-Marie Le Pen – écarté par sa fille – a promis d’être à nouveau au rendez-vous à Paris: «L’urgence pour le FN est de formuler un discours mobilisateur pour tous les électeurs partisans d’une rupture et en colère, commente le politologue Dominique Reynié, de la Fondation pour l’innovation politique (fondapol.org). Avec 21,53% des suffrages et plus de sept millions des voix, l’extrême droite n’a pas du tout réalisé une contre-performance au premier tour. Sa base électorale s’est considérablement élargie par rapport à 2012. Sauf que ce succès reste loin d’être suffisant…»

Retrouvez notre correspondant Richard Werly et le professeur Jean-François Bayart mercredi à 12h30 au Graduate Institute/Maison de la paix à Genève. La France dans «l’impasse nationale-libérale»?

Le choix méridional de Marine Le Pen est éloquent. La candidate frontiste, qui s’est mise lundi en congé de la présidence de son parti, doit choisir entre deux options pour espérer, sinon battre Emmanuel Macron donné hyperfavori par les sondages, du moins obtenir un meilleur score que prévu, plus proche des 45% que des 35%.

Lire aussi: Le duel Macron-Le Pen au second tour sera celui de deux France

Le premier choix est de poursuivre ses harangues anti-européennes et de maintenir envers et contre tout sa proposition d’un référendum sur l’abandon ou non de l’euro, synonyme d’incertitude financière. Le second, défendu par sa nièce Marion Maréchal-Le Pen et les «sudistes» du rassemblement bleu marine comme le maire de Béziers Robert Ménard ou le député du Gard Gilbert Collard, consiste à revenir à fond sur les fondamentaux frontistes anti-immigration et identitaire.

L’autre vote de la colère

Jean-Yves Camus est l’un des meilleurs experts du Front: «La question est simple: Marine Le Pen peut-elle avoir une offre concurrentielle à celle de Jean-Luc Mélenchon pour les classes populaires? Peut-elle récupérer, le 7 mai, une partie de cet autre vote de la colère?» Le candidat de la France insoumise annoncera le 2 mai le choix des militants de son mouvement, consultés électroniquement. Ces derniers diront alors s’ils se prononcent pour Emmanuel Macron, s’ils votent blanc, ou s’ils s’abstiennent.

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L’attentisme de Mélenchon – qui pourrait, in fine, ne pas donner de consigne de vote personnelle – a surpris la direction du FN. Laquelle a bien noté que dans beaucoup de fiefs électoraux comme Perpignan ou Forbach, le candidat de la gauche radicale est arrivé en seconde position derrière Marine. Faut-il donc chercher à attirer ces électeurs-là en essayant de reconstituer le camp du non majoritaire au référendum sur la Constitution européenne de 2005?

Marine Le Pen peut décider d’imiter le Hongrois Viktor Orban et les nationaux-populistes polonais en rejetant les politiques migratoires et économiques libérales de l’Union tout en restant dedans

L’idée d’une grande déclaration de la candidate sur l’UE, qui s’alignerait sur la position des gouvernements populistes est-européens, circule dans son parti. «Marine Le Pen peut décider d’imiter le Hongrois Viktor Orban et les nationaux-populistes polonais en rejetant les politiques migratoires et économiques libérales de l’Union tout en restant dedans», poursuit Jean-Yves Camus. Elle pourrait aussi, par ce biais, attirer vers elle une partie des électeurs de droite de François Fillon, et les 4,8% du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui lui non plus n’a pas fait son choix pour le second tour.

Lire également: Macron-Le Pen, deux visions antagonistes de la France

Ce quitte ou double décidera de l’affrontement avec «l’européiste» Emmanuel Macron lors du débat télévisé du 3 mai. «La grande différence avec la présidentielle de 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était qualifié contre Jacques Chirac, est qu’il y a aujourd’hui une campagne de second tour», juge Gilles Finchelstein, directeur de l’Observatoire des radicalités de la Fondation Jean-Jaurès. Cette fois, une incertitude plane sur le résultat.

A lire: Le Front national face à l’obstacle du second tour, de Jerome Jaffré, note de la Fondapol (fondapol.org)

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