Ce mardi, l'office européen de lutte antifraude a annoncé avoir entamé une enquête à l'encontre de l'agence de surveillance des frontières de l'Union européenne. «Olaf peut confirmer avoir ouvert une enquête concernant Frontex», a indiqué un porte-parole de cet organe chargé d'enquêter sur les fraudes mais aussi sur les fautes graves commises au sein des institutions européennes. Il a toutefois refusé de s'exprimer sur le motif des investigations.

Frontex s'est de son côté contentée d'indiquer qu'elle «coopérait pleinement avec l'Olaf». L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été pointée du doigt en octobre dans une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel, l'accusant d'être impliquée avec les garde-côtes grecs dans des incidents de refoulement de bateaux de demandeurs d'asile de Grèce vers la Turquie.

L'enquête de l'Olaf est liée à ces accusations ainsi qu'à des soupçons de faute et de harcèlement au sein de Frontex, a-t-on indiqué de source européenne. Selon der Spiegel, l'Olaf a effectué début décembre une perquisition au siège de l'agence à Varsovie, notamment dans les bureaux du directeur exécutif de Frontex, le Français Fabrice Leggeri.

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Rejet des accusations

Athènes a toujours rejeté les accusations de refoulements illégaux de migrants à ses frontières régulièrement lancées par les ONG. De son côté, Fabrice Leggeri s'est défendu le 1er décembre devant le Parlement européen, affirmant qu'une enquête interne de Frontex n'avait pas établi «de preuve d'une participation» de l'agence à de telles pratiques, contraires au droit international. Certains eurodéputés ont réclamé sa démission.

La Commission européenne avait quant à elle convoqué en novembre une réunion extraordinaire du conseil d'administration de Frontex -regroupant des représentants des Etats membres et deux membres de l'exécutif européen-, et des explications ont été demandées au directeur exécutif. Un groupe de travail, mis en place par le conseil d'administration, doit rendre un rapport sur ces accusations de refoulements illégaux lors de sa prochaine réunion, prévue les 20 et 21 janvier.

«Nous sommes confiants sur le fait qu'avec les procédures mises en place par le conseil d'administration et avec la coopération du directeur exécutif, il sera possible de traiter de façon constructive tous les problèmes actuellement en discussion», a indiqué un porte-parole de la Commission européenne, interrogé lors du point de presse quotidien sur le fait de savoir si Fabrice Leggeri avait toujours la confiance de l'exécutif européen.

Agence créée en 2004, Frontex prévoit de disposer d'un effectif permanent de 10'000 gardes-frontières et gardes-côtes à l'horizon 2027. Elle a lancé une campagne de recrutement et dévoilé lundi son uniforme dans un clip sur Twitter.